Selon les données publiées par la Banque centrale du Congo, l’encours des titres publics a grimpé à 7 056,9 milliards de francs congolais au 24 juin 2026, contre 7 027,1 milliards une semaine plus tôt.
Cette progression de 29,8 milliards de CDF, attribuée aux émissions de Bons du Trésor en devises, reflète une activité soutenue sur le marché intérieur des valeurs du Trésor. Mais derrière cette apparente bonne tenue des comptes publics, les statistiques semestrielles livrent un tout autre récit.
Le premier semestre 2026 a en effet consacré un fossé grandissant entre les deux compartiments du marché. Les souscriptions en francs congolais n’ont atteint que 357 milliards sur les 1 150 envisagés, soit un modeste taux de 31 %. À l’inverse, les émissions en dollars ont survolé les objectifs avec 1 101,9 millions de dollars collectés, représentant 122,4 % de réalisation. L’adjudication du 23 juin, où 30,5 millions de dollars à trois mois ont été intégralement souscrits à un taux moyen de 9,64 %, confirme cet engouement pour les actifs adossés au billet vert.
Ce décrochage interpelle sur la confiance des investisseurs dans l’économie nationale. Si le Trésor public peut se réjouir d’un encours en hausse, la dépendance croissante aux financements en devises expose la RDC à des risques de change et à une vulnérabilité accrue face aux chocs extérieurs.
Les prochains ajustements du programme d’émissions, attendus pour le second semestre, devront composer avec cette défiance persistante à l’égard du franc congolais, sous peine de voir la dette publique s’alourdir sans renforcer pour autant la souveraineté monétaire du pays.



