Accueil - Actualités

Excédent de trésorerie annoncé en juillet : pour l’expert Gloire Kabu, « un signal positif mais à relativiser »

Par Rédaction ECOFISC

{"source_type":"vicut","tiktok_developers_3p_anchor_params":"{\"source_platform\":\"mobile_1\",\"capability_name\":\"capcut_photo_editor,capcut_image_smart_lighting\",\"pictureId\":\"F403C1A6-131B-49EA-B62C-289E9E4AB87D\",\"editType\":\"image_edit\",\"appVersion\":\"16.8.0\",\"enterFrom\":\"new_image\",\"os\":\"ios\",\"source_type\":\"vicut\",\"product\":\"vicut\",\"region\":\"CG\",\"client_key\":\"aw889s25wozf8s7e\"}","data":{"source_type":"vicut","source_platform":"mobile_1","capability_name":"capcut_photo_editor,capcut_image_smart_lighting","appVersion":"16.8.0","enterFrom":"new_image","os":"ios","region":"CG","product":"vicut","client_key":"aw889s25wozf8s7e","pictureId":"F403C1A6-131B-49EA-B62C-289E9E4AB87D","editType":"image_edit"}}

Le gouvernement congolais table sur un excédent de trésorerie de 560,3 milliards de francs CDF au mois de juillet 2026, porté par une hausse attendue des recettes publiques. Une bouffée d’air frais après un premier semestre marqué par un déficit cumulé de plus de 2.000 milliards.

Mais ce chiffre, aussi flatteur soit-il, mérite d’être décortiqué. Pour y voir plus clair, nous avons sollicité Gloire Kabu, expert en fiscalité et consultant indépendant, qui accepte de poser un regard critique sur ces prévisions.

Des recettes en hausse, mais pas de miracle

Selon les projections des autorités financières, les recettes de l’État devraient atteindre 3.725,2 milliards de CDF en juillet, tandis que les dépenses sont estimées à 3.164,9 milliards, dégageant ainsi un solde positif. Cette embellie s’explique principalement par le deuxième acompte provisionnel de l’impôt sur les bénéfices et profits (IBP), un prélèvement fiscal qui tombe traditionnellement au troisième trimestre.

Interrogé sur cette prévision, Gloire Kabu ne cache pas son scepticisme mesuré.

« C’est un signal positif, c’est indéniable. Mais il faut le prendre avec des pincettes », prévient-il d’emblée. « L’IBP est un impôt cyclique. Son encaissement en juillet est mécanique, ce n’est pas le fruit d’une amélioration soudaine de la gestion fiscale. Ce qui m’intéresse, c’est de savoir si cette tendance sera durable au-delà de ce pic saisonnier. »

Un premier semestre dans le rouge

Pour comprendre l’ampleur du défi, il faut rappeler le contexte. À fin juin 2026, les finances publiques affichaient un déficit cumulé de 2.148,5 milliards de CDF, entièrement financé par les émissions de titres publics sur le marché domestique. Autrement dit, l’État a vécu à crédit pendant six mois.

Sur cette même période, les recettes ont progressé de 11,5 % par rapport à 2025, atteignant 14.945,8 milliards de CDF. Les dépenses, elles, ont grimpé de 9,8 % pour s’établir à 17.094,3 milliards. Une hausse qui reflète, selon le gouvernement, la poursuite des engagements en matière de fonctionnement des institutions, de rémunération des agents et de financement des investissements.

Gloire Kabu nuance cette lecture. « Oui, les recettes augmentent. Mais les dépenses aussi, et parfois plus vite. Ce qui compte, ce n’est pas seulement le montant encaissé, c’est la qualité de la dépense. Est-ce qu’on investit dans des infrastructures productives ou est-ce qu’on continue de gonfler les frais de fonctionnement ? Tant qu’on n’aura pas cette réponse, un excédent ponctuel restera un pansement sur une jambe de bois. »

L’épée de Damoclès de la dette publique

L’un des points d’attention soulevés par l’expert concerne le recours massif aux émissions de titres publics pour boucler les fins de mois difficiles. « Financer un déficit par la dette intérieure, c’est une solution de court terme. Mais à long terme, ça pèse sur la trésorerie future, parce qu’il faut rembourser avec les intérêts. Si l’excédent de juillet permet de réduire ce recours aux titres publics, alors oui, on peut parler d’une bonne nouvelle. Mais si ce n’est qu’une respiration avant de replonger, le problème de fond reste entier. »

Une marge de manœuvre à ne pas gaspiller

Si les prévisions de juillet se concrétisent, l’excédent de 560 milliards offrirait au gouvernement une marge de manœuvre appréciable. Reste à savoir comment elle sera utilisée.

Pour Gloire Kabu, l’heure est à la stratégie :

« Cet argent, s’il arrive, ne doit pas être dilapidé dans des dépenses courantes. Il devrait servir à désendetter l’État, à réduire le recours aux émissions de titres, ou à financer des projets à fort impact social. C’est là que l’on verra si la gestion des finances publiques a vraiment changé. »

Entre optimisme et vigilance

L’annonce d’un excédent en juillet est indéniablement une bouffée d’oxygène pour les caisses de l’État. Mais comme le rappelle Gloire Kabu, elle ne doit pas masquer les fragilités structurelles d’un système où les recettes restent tributaires d’impôts cycliques et où la dette continue de s’alourdir. « Un bon chiffre, ce n’est pas une bonne politique », conclut-il. « C’est la constance dans la rigueur qui fera la différence. » Une mise en garde que les autorités auront à cœur d’entendre.

✍️ Archange Lusadiso

Partager cet article

Share on facebook
Facebook
Share on twitter
X
Share on linkedin
LinkedIn
favicon

Rédaction ECOFISC

La rédaction d'ECOFISC couvre l'économie, la fiscalité, les entreprises et les enjeux financiers en République Démocratique du Congo.

Articles récents

  • All Post
  • Actualités
  • Afrique-monde
  • Décryptage
  • Éco des rues
  • Entreprendre
  • Fiscalité
  • Mines
  • Régies financières
  • Sondage d’opinions & d’appréciations
  • Votre argent

Annoncez sur ECOFISC

Touchez une audience ciblée : entrepreneurs, décideurs, fiscalistes et investisseurs en RDC.