En présentant les 5 projets de loi de ratification devant le Sénat, le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a martelé un message clair : la RDC ne s’endette pas pour consommer, mais pour investir dans ses capacités productives.
Avec un ratio d’endettement public maintenu sous la barre des 20 %, le gouvernement entend rassurer les marchés financiers tout en créant un levier budgétaire viable. Chaque emprunt, qu’il provienne de l’Africa Finance Corporation, de la BADEA ou des partenaires européens, a été calibré pour générer un retour sur investissement mesurable, que ce soit en termes de croissance, d’emploi ou de réduction des déficits structurels.
Des infrastructures comme multiplicateurs de compétitivité
L’approbation du financement de l’aéroport de Luano (200 M$ USD) ne relève pas du simple équipement, il s’agit d’un maillon clé du corridor de Lobito, destiné à fluidifier les chaînes logistiques entre l’Afrique centrale et l’Atlantique. Parallèlement, le programme ANSER (75 M€) et le complexe hospitalier de Maluku (133 M€) répondent à deux goulets d’étranglement chroniques, l’énergie et la santé dont le coût économique annuel est estimé à plusieurs points de PIB. En internalisant des soins autrefois externalisés et en stabilisant l’offre électrique dans les provinces isolées, ces projets réduisent la vulnérabilité extérieure du pays et améliorent son climat des affaires.
Un modèle de développement inclusif en gestation
Le volet rural, porté par le PADRIR (70 M$), illustre un changement de paradigme, au lieu de subventions non ciblées, l’État mise sur des incubateurs agroalimentaires et la création de 1 500 emplois directs, adossés à la réhabilitation de l’axe Kindu-Kasongo.
Ce désenclavement, combiné aux réformes du contenu local et de la sous-traitance, vise à ancrer la valeur ajoutée sur le territoire et à réduire la fuite des capitaux. Si ces lois franchissent l’étape de la promulgation, la RDC pourrait amorcer une transition vers un cercle vertueux où l’endettement d’aujourd’hui devient le capital fixe de demain, à condition que la gouvernance des projets suive le rythme des annonces.



