C’est une promesse d’envergure historique qu’a scellée le Chef de l’État ce mardi au Palais de la Nation. Devant une assemblée de ministres, de partenaires techniques et de représentants de la société civile, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a procédé au lancement officiel du Programme présidentiel « Debout Jeunes Congolais », une initiative ambitieuse qui entend révolutionner le paysage socio-économique du pays en créant des millions d’emplois d’ici 2032.
Doté d’un budget global de 1,3 milliard de dollars américains sur une période de six ans, ce programme se veut la réponse institutionnelle la plus ambitieuse jamais conçue pour endiguer le chômage des jeunes, qui touche près de 70 % de la population active dans certaines provinces. À cet égard, une première enveloppe de 50 millions de dollars est d’ores et déjà débloquée pour amorcer sa mise en œuvre sur le terrain, signe de la volonté présidentielle d’agir sans délai.

Né des travaux de la Table ronde nationale sur l’emploi et l’entrepreneuriat des jeunes, organisée en novembre 2025, « Debout Jeunes Congolais » se déploie autour de trois piliers stratégiques étroitement liés. En premier lieu, la formation professionnelle et technique occupe une place centrale, avec le renforcement des écoles de métiers et l’extension des centres de formation sur l’ensemble du territoire.
Par ailleurs, le développement de l’entrepreneuriat constitue le deuxième axe, via des mécanismes de financement innovants et un accompagnement personnalisé des porteurs de projets. Enfin, l’accès équitable à l’emploi est pensé dans une logique inclusive de réduction des inégalités territoriales et sociales.
Parmi les mesures phares annoncées par le Président, le Concours national des plans d’affaires simplifiés (CONAPAS) occupe une place de choix. Ce dispositif vise à identifier, financer et encadrer les projets entrepreneuriaux portés par la jeunesse congolaise, des zones urbaines aux contrées les plus reculées. Certes, l’ambition est grande, mais elle repose sur une conviction profonde : transformer l’idée en entreprise, et l’entreprise en emploi durable.

Cependant, le chef de l’état Félix Tshisekedi a tenu à rappeler que ce programme ne serait pas réservé à une élite urbaine. Il a solennellement insisté sur la nécessité d’intégrer prioritairement les jeunes femmes, souvent premières victimes de l’exclusion économique, les personnes vivant avec un handicap et les personnes atteintes d’albinisme, ainsi que les peuples autochtones pygmées longtemps marginalisés. De même, les jeunes des milieux ruraux, des zones de conflit et des sites de déplacement bénéficieront d’une attention particulière, afin que l’égalité des chances ne soit pas un vain mot.

Conscient des déceptions passées liées à la mauvaise exécution de certains projets publics, le Président a adressé une instruction claire au gouvernement : rigueur, coordination et transparence. En conséquence, il a exigé des ministères sectoriels des plans d’action précis, des responsabilités clairement définies, des budgets sécurisés et des indicateurs de performance objectifs. Autrement dit, le succès de ce programme ne sera pas jugé à l’aune des seules déclarations, mais bien aux résultats concrets obtenus sur le terrain.
À l’horizon 2032, le succès de cette initiative se mesurera non seulement en millions d’emplois créés, mais aussi en vies transformées et en espoirs renouvelés.
En définitive, la RDC, avec sa jeunesse bouillonnante qui représente plus de 60 % de sa population, tient peut-être là les clés de son décollage économique. En attendant, les regards sont désormais tournés vers la mise en œuvre, et le pari est immense. La promesse, historique. La jeunesse congolaise, elle, n’attend plus.
✍️ KIDIMBU Pop



