Dans sa dernière note de conjoncture économique, la Banque centrale du Congo livre un état des lieux sans fard des ressources mobilisées par l’État. Les trois régies financières ont collecté 1 467,8 milliards de francs congolais, l’équivalent de plus de 650 millions de dollars. Mais ce chiffre, en apparence solide, révèle surtout l’ampleur du défi qui attend les autorités : les dépenses exécutées sur la même période atteignent 2 880,2 milliards de CDF, soit près du double des recettes engrangées.
Par ailleurs, la photographie des contributeurs dessine une hiérarchie bien établie. La DGI caracole en tête avec 613 milliards de CDF, confirmant sa place de pilier de la fiscalité directe et indirecte. La DGDA suit de près avec 517,2 milliards, portée par les droits de douane et les accises. La DGRAD ferme la marche à 337,7 milliards, fruit des recettes parafiscales et domaniales. Trois régies, trois profils, mais une même mission : alimenter les caisses d’un État dont les appétits budgétaires ne cessent de croître.
Car le véritable enseignement de ces données réside dans l’écart abyssal entre les entrées et les sorties. Les salaires des agents publics, à eux seuls, ont englouti 1 143,9 milliards de CDF, soit près de 80 % des recettes totales. Ajoutez à cela 90,8 milliards consacrés au service de la dette et autres charges financières, et le tableau devient préoccupant.
Ces publications hebdomadaires de la BCC, devenues des rendez-vous incontournables pour les observateurs, mettent en lumière une équation budgétaire de plus en plus tendue : comment financer les politiques publiques quand les dépenses courantes absorbent l’essentiel des ressources, et que le déficit structurel se creuse de semaine en semaine ? La réponse, pour l’instant, reste à écrire.



