Le Sénat a validé le collectif budgétaire 2026. Sur le papier : 21,9 milliards de dollars. Dans la réalité, un taux de change officiel à 2 290 FC, quand le marché flirte déjà avec 2300fC, 2400 FC voir 2500 FC. L’écart ? Près de 13 %. Et Pour savoir si ce budget tient la route, nous avons interrogé Mike Gardy Diana, journaliste spécialiste des questions économiques. Son verdict est sans appel.
Alors, ce collectif budgétaire de 21,9 milliards de dollars, basé sur un taux de change officiel de 2 290 FC, alors que le franc congolais perd souvent de la valeur sur le marché réel, est-il crédible ou risque-t-il d’être dépassé dès les premiers mois d’exécution ?
« Bien évidemment que oui » , répond sans détour Mike Gardy Diana, qui soutient que s’il y a une disparité entre le taux officiel et le taux réel sur le marché, visiblement ce collectif budgétaire risque d’être dépassé très rapidement.
Il enfonce le clou : « Prenons par exemple le premier poste de dépense; l’État exécute la plupart de ses dépenses, on parle de 40 % en dollars, notamment dans le secteur pétrolier, la dette extérieure et les importations. L’avantage qu’il y aurait en termes de mobilisation, ce serait l’accroissement de quelques pourcentages, parce que si l’on calcule le taux réel aujourd’hui, on est entre 2 300, 2 500, 2 600 et même 2 700 FC pour un dollar, soit une marge approximative de 13 à 15 %. Cela peut influencer négativement les dépenses de l’État, qui se font majoritairement en dollars. »
Mais alors, si l’état encaisse ses recettes en dollars, la hausse du billet vert ne pourrait-elle pas jouer en sa faveur ? Pas si simple, prévient notre expert.
Il poursuit : « Mais au niveau des recettes, puisque celles-ci sont collectées en dollars, il y aura une majoration. Malheureusement, cette majoration n’aura pas beaucoup d’impact, car il y aura une forme de pression sociale sur la population, particulièrement les fonctionnaires de l’État qui sont payés en francs congolais : ils verront leur pouvoir d’achat réduit ou diminué. Et si vous diminuez le pouvoir d’achat de la population, vous créez une forme de tension sociale, laquelle a souvent des effets pervers. »
Alors, comment éviter le naufrage ?
Mike Gardy Diana mise sur un espoir fragile : les cours des matières premières. Il confie :
« Je crois que les seules choses qui pourraient nous permettre de créer une forme d’amortissement seraient d’espérer que les cours des matières premières qui contribuent en grande partie au budget connaissent peut-être un accroissement. Par exemple, si le prix du cuivre ou du cobalt augmente, on pourrait trouver des marges qui permettraient de couvrir l’écart. »
Mais en définitive, le journaliste spécialiste des questions économiques assène une mise en garde qui tue : « Mais la vérité, c’est qu’avec la fluctuation de la monnaie, il y a toujours un risque que le collectif budgétaire adopté soit très vite dépassé. Ce n’est pas une question de montant, c’est surtout le rapport de taux de change qui crée ce déséquilibre. »
✍🏻 KIDIMBU Pop



