Déjà incontournable sur l’échiquier mondial grâce à ses réserves massives de cuivre et de cobalt, la République Démocratique du Congo (RDC) s’apprête à franchir un cap historique dans la transition énergétique. Au centre de toutes les attentions : le gisement de Manono, situé dans la province de la Tanganyika, considéré comme l’une des plus grandes réserves de lithium rocheux (spodumène) au monde.
Alors que la demande globale pour les batteries de véhicules électriques continue de grimper, les géants miniers internationaux se livrent une bataille féroce pour s’imposer en RDC. Le géant chinois Zijin Mining, via la coentreprise Manono Lithium SAS (détenue aux côtés de la société publique Cominière et de l’État congolais), mène actuellement la danse avec un investissement colossal estimé entre 1 et 2 milliards de dollars. Ce projet intègre non seulement l’extraction minière, mais aussi la réhabilitation de la centrale hydroélectrique de Mpiana Mwanga pour alimenter le site, ainsi que la modernisation des infrastructures routières et portuaires (notamment le port de Kalemie) indispensables à l’exportation.
L’attrait du lithium congolais ne laisse pas l’Occident indifférent. Récemment, la start-up américaine KoBold Metals, soutenue par des investisseurs de premier plan comme Bill Gates et Jeff Bezos, a obtenu 13 permis de recherche pour lancer des campagnes d’exploration guidées par l’intelligence artificielle autour de Manono.
Toutefois, ce boom naissant soulève d’immenses défis logistiques et éthiques. La société civile et les experts du secteur multiplient les avertissements pour éviter que le « scénario du cobalt » — caractérisé par l’exportation brute sans valeur ajoutée locale et une pauvreté persistante des populations environnantes — ne se répète. Le gouvernement congolais, par la voix de son ministre des Mines Louis Watum, affiche son ambition de faire du pays un véritable hub industriel, avec de premières productions commerciales attendues à partir de la fin de l’année 2026.



