Invité sur le plateau de Le Panier, l’émission phare de la RTNC animée par Jessy M. Kabasele, le Vice-Premier ministre en charge de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, s’est livré à un exercice de lucidité rare. Sans esquivé les aspérités du terrain, il a posé un diagnostic sans fard sur les maux qui étranglent la production locale, tout en esquissant les pistes d’une reconquête industrielle et agricole.
D’entrée, le ton est donné. Si les indicateurs macroéconomiques du pays affichent une santé de fer, le chef de l’Économie nationale a tenu à rappeler la finalité première de ces chiffres : leur déclinaison tangible dans le panier des ménages et dans les comptes d’exploitation des entreprises.
« La performance ne vaut que si elle est vécue », a-t-il suggéré, en filigrane, face aux attentes d’une population en quête de respiration financière.
Interrogé sur les goulets d’étranglement qui plombent les coûts de revient locaux, Daniel Mukoko Samba a pointé trois freins structurels, véritables pyramides de l’économie congolaise : la logistique, l’énergie et la fiscalité. Sans entrer dans un calendrier précis ou des annonces chiffrées, ce que n’a pas manqué de relever l’auditoire, il a néanmoins déroulé une série de chantiers déjà ouverts pour tenter de désengorger ces goulots.
Ainsi, la relance de la filière rizicole à Bumba, le développement des filières maïs et soja dans le Sud-Ubangi, ou encore la réhabilitation des routes de desserte agricole ont été citées comme des leviers opérationnels.
Parallèlement, le gouvernement planche sur une sécurisation des approvisionnements en produits pétroliers et un renforcement de la concurrence, gage d’une meilleure protection des consommateurs sur les marchés.
Mais c’est peut-être dans l’aveu que le Vice-Premier ministre a trouvé sa plus grande force. « Produire en République démocratique du Congo est difficile. Quand on est responsable, il faut reconnaître la réalité, en identifier les causes et trouver des solutions », a-t-il martelé, assumant collectivement les pesanteurs qui découragent trop souvent les entrepreneurs.
Reste une question qui flotte, comme une invite à la vigilance : si les orientations sont claires et les filières identifiées, le passage à l’échelle tarde à être mesuré. Aucun budget alloué ni résultat chiffré n’ont été communiqués pour ces différents pôles de croissance. La promesse d’une traduction concrète dans le pouvoir d’achat et dans les coûts des entreprises devra donc s’éprouver dans les mois à venir. En attendant, cet entretien aura eu le mérite de nommer l’adversité, et de poser les premiers jalons d’une stratégie de résilience.



