À la date du 13 août 2026, les caisses de l’État affichent un décalage préoccupant entre les rentrées et les sorties. Sur les quatre premiers mois et demi de l’exercice budgétaire, les recettes publiques plafonnent à 660,8 milliards de CDF, quand les dépenses exécutées bondissent déjà à 1.052,2 milliards de CDF. Soit un trou de 391,4 milliards de Francs congolais en l’espace de 136 jours l’équivalent de près de 60 % des recettes totales collectées.
Cependant, la pression monte sur le Trésor, contraint de puiser dans ses réserves ou d’accélérer les émissions de bons du Trésor pour boucler les fins de mois, alors que les échéances salariales et les chantiers prioritaires (routes, énergie, sécurité) ne connaissent pas de répit.
Finances publiques : le réveil fiscal devient une urgence
Ce déséquilibre, s’il est partiel, sonne comme un avertissement. Les recettes, certes soutenues par les cours des matières premières, peinent à suivre une machine dépensière alourdie par les charges récurrentes (masse salariale, dette intérieure et extérieure) et les investissements engagés.
Le gouvernement joue désormais gros sur deux leviers : le renforcement de la collecte via la digitalisation des régies financières et la rationalisation des dépenses non prioritaires. Mais avec un tel écart à mi-parcours, l’objectif d’équilibre annuel s’éloigne. Les partenaires financiers (FMI, Banque mondiale) observent ces chiffres de près : la crédibilité budgétaire du pays se jouera dans les prochains mois, entre rigueur et innovations fiscales. Un sprint de fin d’année s’annonce sous haute tension.




