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Crise – Congo Airways : le ciel de la RDC peut-il encore porter ses ailes ?

Par Rédaction ECOFISC

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Entre avions cloués au sol, dettes colossales et guerre de pouvoir au sommet, la compagnie nationale joue peut-être sa dernière carte. Le plan de relance lancé en mars suffira-t-il à la sauver ou faut-il enfin oser un autre modèle ?

« Aucun avion en exploitation depuis des mois, un endettement jugé excessif, des effectifs pléthoriques. La compagnie Congo Airways accumule les déboires »

Il est des crises qui reviennent comme une marée : elles montent, submergent, puis se retirent sans jamais emporter la cause du mal. Depuis des années, Congo Airways rejoue la même scène. Des avions immobiles sur le tarmac, des dettes qui s’empilent, des soupçons de mauvaise gestion, des tensions qui éclatent au sommet de l’entreprise. Le gouvernement a lancé un plan de relance en mars. Reste à savoir s’il sera suffisant.

Mais la vraie question n’est peut-être pas là. Elle n’est pas de savoir comment redémarrer Congo Airways. Elle est de savoir quel ciel nous voulons pour notre pays.

Une crise de gouvernance avant d’être une crise financière

Le bras de fer entre le président du conseil d’administration et le directeur général, sur fond d’accusations de mauvaise gestion, n’est pas un accident de parcours. Il est le symptôme d’un mal plus profond : l’absence d’une gouvernance claire, responsable et redevable.

Une compagnie aérienne ne se sauve pas à coups de communiqués. Elle se sauve avec des comptes transparents, une direction stable, des contrats d’entretien respectés, des équipages qualifiés. Tant que ces fondations ne seront pas posées, chaque plan de relance ressemblera au précédent une promesse de plus, emportée par le vent.

La souveraineté aérienne, cet enjeu que l’on oublie

La RDC est un pays-continent. Relier Kinshasa à Goma, Lubumbashi, Kisangani ou Mbandaka n’est pas un luxe : c’est une condition de l’unité nationale et du développement économique. Quand la compagnie nationale ne vole plus, c’est tout un pays qui dépend d’opérateurs étrangers pour ses liaisons intérieures et régionales.

La souveraineté ne se décrète pas. Elle se construit, avion après avion, ligne après ligne, contrat après contrat.

Ce que le plan de relance devra prouver

Trois épreuves attendent le plan de relance.

La première est celle de la crédibilité financière : d’où viendront les fonds, et selon quelles garanties de contrôle ?

La deuxième est celle de la gouvernance : qui pilote, qui rend des comptes, et devant qui ?

La troisième est celle de la compétence : dispose-t-on des équipes techniques capables d’exploiter une flotte en toute sécurité ?

Sans réponses claires à ces trois questions, le risque est simple : un nouveau sursis, puis une nouvelle crise.

Et si la vraie sortie était ailleurs ?

Certains pays ont choisi de ne pas s’acharner sur une compagnie nationale défaillante. Ils ont préféré ouvrir leur ciel à des partenariats solides, en gardant la maîtrise des routes stratégiques et des droits de trafic. D’autres ont opté pour une refondation complète, avec une structure allégée et une gestion professionnelle.

La RDC n’est pas obligée de choisir l’une de ces voies. Mais elle doit choisir. Continuer à financer une coquille vide serait la pire des options.

La question n’est plus de savoir si Congo Airways peut sortir de la crise. La question est de savoir si le pays veut encore d’une compagnie nationale et à quel prix.

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Rédaction ECOFISC

La rédaction d'ECOFISC couvre l'économie, la fiscalité, les entreprises et les enjeux financiers en République Démocratique du Congo.

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