Une enquête du consortium Mazingira Pour Tous et Resource Matters accuse l’usine 30K de Tenke Fungurume Mining (TFM) d’être à l’origine d’une pollution atmosphérique préoccupante au dioxyde de soufre (SO₂) dans la localité de Manomapia, dans la province du Lualaba, en République démocratique du Congo.
Un pic de pollution 3,7 fois supérieur aux recommandations de l’OMS
Selon les données rendues publiques par les deux organisations, un pic de dioxyde de soufre de 1 834 µg/m³ sur dix minutes a été enregistré dans la zone étudiée. Ce niveau représente environ 3,7 fois la valeur guide de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour ce polluant, ce qui témoigne d’une exposition aiguë potentiellement dangereuse pour les populations riveraines.
L’étude, réalisée entre novembre 2025 et juillet 2026, s’appuie notamment sur le suivi de 209 participants résidant dans la zone exposée. Les résultats font état d’une forte fréquence de symptômes irritatifs touchant les voies respiratoires, les yeux et la peau chez les personnes vivant à proximité de l’usine 30K de TFM.
Le SO₂, un polluant aux effets sanitaires graves
Le dioxyde de soufre est un gaz incolore et irritant, émis notamment lors du traitement de minerais sulfurés. Ses dangers pour la santé humaine sont bien documentés :
· Irritation des voies respiratoires : le SO₂ provoque toux, dyspnée, bronchoconstriction et aggrave les pathologies préexistantes comme l’asthme ou la bronchite chronique.
· Atteintes oculaires et cutanées : expositions répétées entraînent conjonctivites, larmoiements et irritations de la peau.
· Effets cardiovasculaires : des études épidémiologiques associent les pics de SO₂ à une augmentation des hospitalisations pour troubles cardiaques et respiratoires.
· Populations vulnérables : enfants, personnes âgées, femmes enceintes et individus immunodéprimés sont les plus exposés aux conséquences graves.
· Impacts environnementaux : le SO₂ contribue aux pluies acides, à l’acidification des sols et des eaux, et à la dégradation des écosystèmes locaux.
Une situation qui interpelle sur la responsabilité industrielle
Cette enquête relance le débat sur l’impact environnemental et sanitaire de l’exploitation minière dans le Lualaba, région stratégique pour le cobalt et le cuivre en RDC. Les organisations signataires appellent à :
· une évaluation indépendante et transparente des émissions de TFM ;
· la mise en place d’un système de surveillance continue de la qualité de l’air autour des sites industriels ;
· des mesures de protection immédiates pour les communautés exposées ;
· et l’application du principe pollueur-payeur, conformément au Code minier congolais et aux normes internationales.
Un appel à la vigilance des autorités
Alors que la RDC ambitionne de développer une filière minière responsable, notamment autour du cobalt « propre », cette affaire illustre la nécessité d’un contrôle accru des émissions atmosphériques et d’une consultation réelle des communautés riveraines. Les résultats de l’étude Mazingira Pour Tous/Resource Matters constituent, selon leurs auteurs, une base scientifique suffisante pour exiger des autorités congolaises et de l’entreprise TFM des explications et des engagements concrets.
✍️ KIDIMBU POP




