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Kinshasa, capitale de la débrouille : 90 % d’informel, 100 % de survie

Par Rédaction ECOFISC

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À Kinshasa, la débrouille est bien plus qu’un simple mot, c’est une économie à part entière qui fait vivre près de 80 % de la population active de la capitale, selon les estimations de l’Institut national de la statistique.

Dans une ville où le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) stagne autour de 7 000 fc par jour, soit environ 3 dollars américains, les ménages doivent inventer chaque jour des stratagèmes pour survivre. Une étude menée en 2025 par le Bureau international du Travail (BIT) estime que plus de 90 % des emplois créés à Kinshasa relèvent du secteur informel, contre une moyenne de 60 % pour le reste du continent africain. Vente de beignets, revente de crédits téléphoniques, réparation de téléphones, transport de marchandises à dos d’homme, ou encore petit commerce de vêtements d’occasion : ces activités génèrent en moyenne entre 5 000 et 25 000 fc par jour, soit entre 2,20 et 11 dollars, un revenu bien souvent insuffisant pour couvrir les besoins élémentaires d’une famille de 5 personnes.

Cette économie de survie repose sur des réseaux de solidarité de quartier. Selon une enquête menée par l’ONG Congolese Women’s Initiative, 65 % des ménages kinois déclarent compter sur au moins un membre de leur entourage exerçant une activité informelle pour boucler leurs fins de mois.

Cependant, Les « micro-entrepreneurs » se répartissent en plusieurs catégories : les vendeuses de marchés (environ 40 % des actifs informels), les artisans (20 %), les transporteurs et chargeurs (15 %) et les prestataires de services divers (25 %). Mais ces chiffres cachent une réalité précaire : une journée sans vente signifie une journée sans repas pour plus de la moitié d’entre eux.

D’après la Banque mondiale, près de 75 % des travailleurs du secteur informel à Kinshasa ne disposent d’aucune forme de protection sociale, et seulement 5 % ont accès à un crédit formel.

Face à cette réalité, le gouvernement Suminwa II, à travers le ministère de l’Entrepreneuriat, a lancé en juin 2026 le programme présidentiel « Debout Jeunesse Congolaise », doté d’un budget initial de 50 milliards de francs congolais (environ 22 millions de dollars). Objectif affiché : formaliser 500 000 micro-entreprises d’ici 2028 et faciliter l’accès au financement pour les jeunes entrepreneurs.

Pendant ce temps, les marchés de Kinshasa continuent d’emplir leurs étals, les chargeurs suent sur les collines de la capitale et les vendeuses de beignets, épices pour les cuisines alignent leurs fritures avant le lever du soleil. Dans cette économie du quotidien, où le moindre franc compte, la débrouille reste la plus grande entreprise de la ville, employant des milliers d’invisibles qui font battre le cœur économique de la République démocratique du Congo.

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Rédaction ECOFISC

La rédaction d'ECOFISC couvre l'économie, la fiscalité, les entreprises et les enjeux financiers en République Démocratique du Congo.

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