Le climat des affaires aux frontières de la République Démocratique du Congo connaît une profonde reconfiguration. Face au double objectif de maximiser les recettes publiques et de protéger le tissu industriel national, la Direction Générale des Douanes et Accises (DGDA) et le ministère du Commerce Extérieur ont mis en œuvre une série de mesures réglementaires strictes qui modifient les habitudes des importateurs.
Cette nouvelle politique douanière s’articule autour de deux axes stratégiques majeurs : la reconduction des restrictions d’importation sur certains produits et la traque informatique de la fraude sur les licences.
1. Prolongation des restrictions pour protéger la production locale
Dans la lignée des réformes structurelles, le gouvernement a reconduit pour une durée de douze mois plusieurs mesures de restriction temporaire d’importation. Ces interdictions ciblées visent à stimuler les unités de production locale en limitant l’entrée de produits concurrents souvent subventionnés.
- Dans la partie Ouest (axe Kinshasa-Kongo Central) : Les restrictions concernent notamment l’importation de barres de fer, de faïences, de carreaux ainsi que de conducteurs et câbles électriques en cuivre basse tension.
- Dans la partie Sud et Sud-Est (Katanga) : Ce sont les détergents (liquides et en poudre), les cathodes en acier inoxydable et les biscuits qui sont directement visés.
- Au niveau national : Les restrictions temporaires sur l’importation des bières et boissons gazeuses restent maintenues pour préserver l’industrie brassicole locale.
2. Tolérance zéro contre la fraude aux licences d’importation
Parallèlement à ces barrières protectrices, la DGDA a renforcé ses dispositifs de contrôle numérique via le système SYDONIA. Le Conseil des ministres a récemment validé le principe de sanctions sévères à l’encontre des importateurs « fraudeurs » qui utilisent des mécanismes opaques ou contournent les circuits officiels de déclaration. Une collaboration étroite avec le ministère de la Justice a été initiée pour identifier, annuler les licences frauduleuses et engager des poursuites pénales. Désormais, chaque déclaration en douane fait l’objet d’un croisement systématique avec les bases de données bancaires et le Numéro d’Identification Fiscal (NIF) obligatoire de l’assujetti.
Pour les opérateurs économiques abonnés à Ecofisc, la leçon est claire : l’accélération du traitement des dossiers douaniers dépend désormais d’une conformité documentaire irréprochable. L’automatisation des circuits (allant du circuit vert sans contrôle au circuit rouge avec vérification physique obligatoire) ne laisse plus de place à l’improvisation ou aux sous-évaluations tarifaires.



