L’Inspection générale des finances (IGF) de la RDC, déjà régulièrement épinglée pour ses méthodes musclées et son rôle de gendarme financier, se retrouve cette fois sous le feu des critiques pour des raisons… linguistiques. L’analyste politique et opposant Merlin Vuvu a en effet jeté un pavé dans la mare en affirmant qu’au sein de la direction générale de l’IGF, plus précisément au 8ᵉ niveau du bâtiment, règne un unilinguisme pour le moins surprenant. Selon lui, seuls le kinyarwanda et le swahili seraient entendus à cet étage, au point que les agents auraient surnommé ce lieu le « niveau Étienne Tshisekedi », en référence au défunt président-fondateur de l’UDPS.
« Il n’y a que deux provinces qui y travaillent : le Nord et le Sud-Kivu. Aucune autre langue ne se parle à ce niveau », a-t-il martelé, avant de prendre les devants face à l’accusation de tribalisme : « Je suis moi-même de l’Est, donc personne ne peut me traiter de tribaliste. »
Entre dénonciation d’un entre-soi et risque de dérive communautariste
Si les propos de Merlin Vuvu peuvent sembler anecdotiques, ils touchent à un sujet ultrasensible en RDC : l’équilibre régional et la représentativité au sein des institutions publiques.
En pointant du doigt une supposée mainmise kivutienne sur un étage stratégique de l’IGF, l’opposant alimente involontairement les soupçons de clientélisme ethnique, même s’il clame son origine orientale pour se prémunir de toute attaque. Mais au-delà de la polémique, ses déclarations posent une question gênante : y a-t-il un « entre-soi » régional qui s’est installé au sommet de cette institution réputée pour son intransigeance ? Les partisans du chef de l’IGF, ne manqueront pas de rétorquer que l’administration recrute sur compétence et que l’usage du swahili, langue véhiculaire de l’Est, n’est qu’une coïncidence géographique.
Reste que ce « phénomène étrange », comme le qualifie Vuvu, risque de jeter un trouble sur la neutralité perçue de l’IGF, à quelques mois des échéances politiques. L’institution, qui n’a pas encore réagi officiellement, ferait bien de clarifier les choses, sous peine de voir ce « 8ᵉ niveau » devenir un symbole malvenu d’une administration coupée du reste du pays.




