Pour la première fois depuis sa nomination à la tête de l’Inspection générale des mines en janvier dernier, Rafael Kabengele s’est confié à Bloomberg.com dans un entretien exclusif. L’occasion pour le haut fonctionnaire de dévoiler les grandes lignes de sa stratégie pour assainir le secteur minier congolais, confronté à des défis majeurs : occupation illégale des concessions, traçabilité défaillante des minerais, et présence chaotique des forces de l’ordre sur les sites d’extraction. Cet entretien marque un tournant dans la communication de l’Institution, jusqu’ici discrète, et signale la volonté du nouvel inspecteur général d’incarner une rupture avec les pratiques du passé.
20 000 gardes privés pour remplacer l’armée et la police sur les sites miniers
Au cœur de cette première déclaration publique, une annonce qui fait déjà réagir les opérateurs économiques : le gouvernement congolais est en négociations avancées avec une entreprise privée pour former plus de 20 000 gardes armés. Leur mission : sécuriser les exploitations industrielles, formaliser l’activité des creuseurs artisanaux, et garantir une traçabilité irréprochable des exportations.
À terme, cette force supplantera l’ensemble des policiers et soldats actuellement déployés sur les sites. « Le principe a été accepté », a affirmé le patron de l’IGM, précisant qu’un décret autorisant la création de cette unité serait publié prochainement. La formation débuterait dès septembre, avec un premier bataillon opérationnel dans le Katanga en janvier 2026.
Un financement américano-émirati et des zones d’ombre persistantes
L’investissement initial pour cette force est estimé à 100 millions de dollars, provenant des États-Unis et des Émirats arabes unis. Si l’inspecteur général Kabengele se veut confiant « Washington est prêt à aider, véritablement aider » le département d’État américain a immédiatement démenti toute implication ou projet de financement.
Un désaccord qui jette un voile d’incertitude sur le montage financier du projet. L’inspecteur général a également tenu à écarter toute connexion avec Erik Prince, fondateur de Blackwater, dont les sociétés ont pourtant œuvré dans plusieurs secteurs en RDC. Enfin, l’inspecteur Général a confirmé l’intervention récente de son équipe dans un conflit entre une filiale d’Eurasian Resources Group et des creuseurs artisanaux occupant illégalement une concession, qualifiant ce cas de « typique » des dossiers que la nouvelle garde minière devra traiter à l’avenir.
✍🏻 KIDIMBU Pop



