Commerce extérieur : la RDC ouvre grand les portes de la Chine pour ses piments et son cacao

Une page se tourne pour l’agriculture congolaise. Ce lundi, au cœur du ministère du Commerce Extérieur, une réunion technique a scellé un peu plus l’avenir des producteurs de piments et de cacao de la République Démocratique du Congo. En ligne de mire, l’exportation massive vers la Chine, un marché qui s’ouvre enfin aux trésors du terroir congolais. Au centre de cette rencontre, un homme, Paul Okitana Omambo, Directeur Général du Jardin Agro-industriel du Congo. Il est venu avec une ambition claire et un carnet de commandes bien rempli. Mais il sait que pour transformer cette opportunité en réalité durable, il lui faut l’accompagnement de l’État. Et c’est précisément ce qu’il est venu solliciter. 180 000 tonnes de piments secs, 50 000 tonnes de cacao : un pont entre deux terres Ces chiffres ne sont pas tombés du ciel. Ils sont le fruit d’un accord bilatéral historique signé le 6 septembre 2024 à Pékin entre Julien Paluku Kahongya, Ministre congolais du Commerce Extérieur, et son homologue chinois, Wang Wentao. Ce texte a ouvert la voie à un partenariat stratégique entre la Chambre de Commerce Internationale des Communautés Chrétiennes, représentée par Paul Okitana Omambo, et la société chinoise Hunan Pengfei International Trade Co.Ltd, basée à Changsha, représentée par Shixian Luo. Concrètement, la RDC s’engage à fournir chaque année 180 000 tonnes de piments secs et 50 000 tonnes de cacao à la Chine. Un volume qui promet de transformer les campagnes congolaises, de la province du Kongo Central au Maniema, en passant par le Grand Katanga. Plus de 500 millions de dollars par an : la promesse d’une manne Au-delà des tonnes, il y a les retombées. 500 millions de dollars par an, rien que pour la filière piment. Un pactole qui, s’il est bien géré, pourrait changer la vie de milliers de familles d’agriculteurs et renforcer considérablement les réserves de change du pays. C’est en tout cas la vision portée par le Ministre Julien Paluku Kahongya, qui voit dans cet accord bien plus qu’une simple transaction commerciale. Pour lui, il s’agit d’une diplomatie économique en action, une conquête patiente de marchés où les produits made in DRC bénéficient désormais d’une exemption des droits de douane en Chine. « Il faut structurer, organiser, fédérer » Face à Paul Okitana Omambo, le Ministre a été à la fois encourageant et exigeant. Il a salué l’initiative privée, mais a rappelé que l’État ne peut pas tout porter seul. Avant de récolter les fruits de cet accord, il faut préparer le terrain. Julien Paluku a ainsi tracé une feuille de route précise : · Structurer les filières piment et cacao de bout en bout ;· Créer une fédération des producteurs et exportateurs, pour parler d’une seule voix ;· Cartographier et identifier les bassins de production sur l’ensemble du territoire national ;· Mobiliser l’expertise des Ministres de l’Agriculture, du Développement Rural et du Commerce Extérieur pour garantir l’accès aux semences améliorées et organiser les producteurs en coopératives ;· Former les acteurs au respect des normes internationales, et notamment chinoises, avec le concours de l’Office Congolais de Contrôle (OCC) et de l’Agence Nationale pour la Promotion des Exportations (ANAPEX). « Nous ne devons pas rater ce rendez-vous avec l’histoire », a martelé le Ministre, appelant à une mobilisation collective. Une main tendue aux producteurs Pour que cette dynamique ne reste pas lettre morte, le Ministre du Commerce Extérieur a lancé un appel à tous les producteurs et opérateurs économiques intéressés : rapprochez-vous du Cabinet ministériel et de l’ANAPEX. C’est là que se jouera la concrétisation de cet accord, dans l’accompagnement au quotidien, le conseil et la mise en relation avec les acheteurs chinois. Paul Okitana Omambo, visiblement ému, n’a pas tari d’éloges sur l’engagement du Gouvernement. Au nom des producteurs et des opérateurs économiques, il a salué une dynamique nouvelle, celle d’un État qui écoute, soutient et ouvre des portes. Le piment, bien plus qu’un condiment On connaît le piment pour sa force en bouche. Mais son utilité va bien au-delà de l’assiette. Il entre dans la fabrication de matériels de défense (comme le gaz lacrymogène), dans la protection des câbles, dans l’agro-alimentaire, la pharmacie (crèmes antalgiques) et même la cosmétique (rouges à lèvres). Une polyvalence qui en fait une matière première stratégique pour l’industrie chinoise. Une raison de plus pour la RDC de valoriser cette filière et de s’imposer comme un fournisseur fiable et compétitif sur le marché mondial. Une conquête qui commence aujourd’hui Ce lundi 27 juillet 2026 restera sans doute une date clé dans l’histoire économique de la RDC. Car ce n’est pas seulement un contrat qui a été discuté, c’est un modèle de développement qui se dessine : celui d’un pays qui mise sur ses richesses agricoles, qui structure ses filières, qui forme ses producteurs et qui négocie, à armes égales, avec les géants du commerce mondial.

PNUD-RDC : 55 acteurs valident le diagnostic du programme ECoWYERT pour un commerce régional inclusif

Plus de 55 acteurs publics, privés, financiers et de la société civile se sont réunis autour d’un même objectif, faire du commerce régional un levier d’émancipation pour les femmes et les jeunes congolais. À l’initiative du PNUD-RDC, cette concertation a permis de valider le diagnostic pays du programme ECoWYERT (Enhancing Capacities of Women and Youth-Led Enterprises for Regional Trade), dans le cadre de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf). Un diagnostic partagé, des ambitions renforcées Les échanges ont mis en lumière les opportunités et les défis qui jalonnent le chemin des entrepreneurs féminins et jeunes vers une participation active au commerce intra-africain. Accès au financement, pénétration des marchés régionaux, maîtrise des outils numériques… autant de leviers essentiels que le programme entend actionner pour transformer les obstacles en tremplins. Les recommandations issues de cette rencontre constitueront désormais la feuille de route stratégique pour le déploiement d’ECoWYERT en RDC. Une coalition de partenaires au service de l’Afrique Porté par le PNUD en partenariat avec le Centre du Commerce International (CCI), la COMESA Federation of Women in Business (COMWFB) et la Trade and Development Bank (TDB), avec le soutien de la Fondation Mastercard, ce programme régional est déjà opérationnel dans six pays : Afrique du Sud, Botswana, Malawi, Zambie, Zimbabwe et la République Démocratique du Congo. En rejoignant cette dynamique, la RDC affirme sa volonté de bâtir un commerce régional plus inclusif, plus résilient et résolument tourné vers l’avenir. Parce que l’Afrique de demain se construit aussi par la force de ses femmes et de sa jeunesse. ✍🏻 KIDIMBU pop

Commerce en RDC : fini le cumul grossiste-détaillant, la réforme qui bouscule le secteur

En République démocratique du Congo, un opérateur économique ne peut plus être à la fois grossiste et détaillant. La mesure, inscrite dans le cadre de la réforme du commerce intérieur, interdit formellement à une même entreprise de vendre en gros et directement au consommateur final sur le marché de détail. Cependant, ceux qui pratiquaient les deux activités en parallèle devront désormais choisir leur camp. Et les contrevenants s’exposent à des contrôles rigoureux ainsi qu’à des sanctions sévères. L’objectif affiché est clair, protéger les petits commerçants locaux, souvent asphyxiés par des acteurs qui cumulent les deux statuts et écrasent la concurrence par leur capacité à baisser les prix sur tous les segments. Pourquoi cette réforme change la donne Derrière cette décision, une volonté politique affirmée de structurer l’écosystème commercial congolais. Le gouvernement veut clarifier les règles du jeu entre petit commerce, détail et gros, tout en définissant plus précisément ce que les opérateurs étrangers ont le droit de faire sur le territoire. Par ailleurs, l’idée est de renforcer l’entrepreneuriat national, de sécuriser les investissements et d’instaurer une concurrence plus équilibrée. Pour les commerçants concernés, il va falloir se mettre en conformité rapidement, vérifier sa catégorie d’activité, comprendre les nouvelles dispositions et accomplir les démarches nécessaires. Cette réforme, qui mise sur la transparence et la sécurité juridique, pourrait bien redessiner les équilibres du marché congolais dans les mois à venir.

Air Congo : le premier vol Kinshasa-Bruxelles décolle enfin

C’est une page d’histoire qui s’écrit ce mercredi dans le ciel congolais. La compagnie aérienne nationale Air Congo a effectué son tout premier vol inaugural à destination de Bruxelles, marquant le retour tant attendu de la RDC sur la scène aérienne internationale. À bord d’un Boeing Dreamliner 787, l’avion a quitté l’aéroport international de N’djili sous les vivats des passagers et du personnel navigant, officialisant ainsi l’ouverture de cette ligne directe tant convoitée entre Kinshasa et la capitale belge. Désormais, les voyageurs peuvent compter sur une desserte régulière programmée quatre fois par semaine, les mercredis, vendredis, samedis et dimanches. Les vols quittent Kinshasa à 10 heures pour atterrir à Bruxelles à 19 heures, tandis que le retour s’effectue à 20 heures 45 depuis la Belgique pour une arrivée à Kinshasa à 3 heures 45 du matin, heure locale. Cette liaison long-courrier est exploitée dans le cadre d’un partenariat stratégique avec Ethiopian Airlines, qui met son expertise et sa flotte au service du renouveau d’Air Congo. Un nouveau souffle pour le transport aérien congolais et une bouffée d’oxygène pour la diaspora qui pourra désormais retrouver plus facilement ses racines.