RDC – Parafiscalité : la COPIRAP recense 1 072 actes générateurs de recettes et engage la rationalisation du système

Le Comité de pilotage de la Commission permanente interministérielle chargée de la rationalisation de la parafiscalité (COPIRAP) a examiné, le vendredi 18 septembre 2026 au Centre financier de Kinshasa, les résultats provisoires de la mission de collecte des données sur les actes générateurs de recettes parafiscales. Une étape décisive vers un système plus lisible et mieux intégré à la gestion des finances publiques. Une opération d’envergure nationale Pilotée par la Première ministre Judith Suminwa, et copilotée par le Vice-Premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, ainsi que par le ministre des Finances, Doudou Fwamba, cette démarche s’inscrit dans la volonté du gouvernement de rendre le système parafiscal plus lisible, mieux structuré et davantage articulé à la gestion des finances publiques. La mission de collecte, menée du 2 au 20 mars 2026, a mobilisé 96 experts issus des ministères du Budget et des Finances. Elle a ciblé 405 organismes publics à travers le pays. Au total, 380 structures ont été effectivement visitées, soit un taux de couverture de 94 %. Les 25 structures restantes n’ont pas pu être localisées, ce qui témoigne des défis persistants en matière de traçabilité des entités percevant des recettes parafiscales. 1 072 actes recensés, des montants considérables Le dépouillement des données collectées a permis de recenser 1 072 actes générateurs de recettes parafiscales. Les recettes correspondantes sont estimées à environ 1,2 milliard de dollars en 2023, soit 2 586,7 milliards de francs congolais, contre 1,3 milliard de dollars en 2022. Pour l’exercice 2024, le rapport provisoire fait état de 3 523,5 milliards de francs congolais. Ces chiffres, bien qu’encore provisoires, mettent en évidence le poids significatif de la parafiscalité dans l’économie nationale et la nécessité d’en assurer une gouvernance rigoureuse. Certaines structures n’ayant pas encore transmis l’ensemble des informations requises, la mission devra poursuivre la collecte et la consolidation des données. Vers une rationalisation structurelle Au-delà du simple recensement, les travaux engagés doivent permettre d’identifier les actes à maintenir, à fusionner ou à supprimer, ainsi que ceux qui pourraient relever directement du budget général de l’État. Le rapport cite notamment certains actes liés aux activités de l’ONEM, au contrat de travail, au visa des offres d’emploi ou encore à la carte de travail pour les étrangers. Cette étape est cruciale : elle vise à mettre fin à la multiplication des prélèvements, à alléger la charge pesant sur les entreprises et les citoyens, et à améliorer la mobilisation des recettes publiques. Prochaines étapes Le Comité de pilotage doit désormais se prononcer sur la poursuite du processus de rationalisation et sur l’implication accrue des organismes concernés. Des travaux bilatéraux sont attendus avant la soumission des propositions aux instances compétentes pour arbitrage. Avec cette opération, le gouvernement congolais affiche sa détermination à assainir les finances publiques et à instaurer une transparence durable dans la gestion des recettes parafiscales, un chantier de longue haleine dont les premiers résultats sont déjà tangibles. ✍️ KIDIMBU Pop

Budget 2027 : Adolphe Muzito lance les conférences budgétaires à Kinshasa

Le Vice-Premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, a donné le coup d’envoi des conférences budgétaires 2027 ce mercredi au centre financier de Kinshasa. Pendant 10 jours, experts et administrateurs vont plancher sur l’élaboration de l’avant-projet de loi des finances 2027. Devant les membres du gouvernement, les chefs d’institutions et les partenaires techniques, Adolphe Muzito a souhaité que ces assises soient marquées par la vérité budgétaire et la responsabilité. Il a réaffirmé la volonté du gouvernement de déposer le projet de loi dans les délais constitutionnels. Le Vice-Premier ministre a appelé à améliorer la qualité des projections, à mieux appréhender les recettes minières et à renforcer la traçabilité des flux financiers, afin de préserver la soutenabilité de la politique budgétaire de la RDC. Il a salué l’engagement du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, dont la vision permet au pays de maintenir le cap de la stabilité macroéconomique, de la construction des infrastructures et de l’amélioration des conditions sociales de la population. La RDC affiche une dynamique de progression économique. Le taux de pression fiscale devrait passer de 12,5 % cette année à 14% en 2027, puis atteindre 17% à l’horizon 2035. Les recettes courantes suivraient cette courbe ascendante, passant de 15,3 milliards de dollars en 2026 à 17 milliards en 2027, avec un objectif de 40 milliards d’ici 2035. Pendant ces 10 jours, les experts devront examiner les besoins de fonctionnement des services, identifier les risques budgétaires et transformer davantage la croissance économique en recettes publiques. La secrétaire générale au Budget, a souligné que l’accent sera mis sur le basculement vers le budget-programme et sur des prévisions plus fiables, conformément aux orientations de la Première ministre. Le gouvernement entend finaliser cette mutation tout en élargissant l’assiette fiscale, afin de financer les priorités nationales déclinées dans le Programme d’Actions.