Le marché de la place Kimpwanza à Victoire, connu pour être le poumon de la vente de pièces de rechange automobiles à Kinshasa, est en proie à une flambée des prix sans précédent. Les propriétaires de véhicules, et particulièrement ceux de la marque Toyota IST, sont les premières victimes de cette hausse vertigineuse.
Les moteurs pour IST, qui se négociaient autrefois entre 700 et 800 dollars américains, atteignent désormais des sommets à 1 500 dollars. Une augmentation de près de 100% en l’espace de quelques mois. Les boîtes de vitesses, vendues à 300 dollars auparavant, frôlent aujourd’hui les 700 dollars, plongeant les conducteurs dans une profonde inquiétude. Bien que les prix des moteurs Toyota IST varient selon l’état, l’origine et la rareté, pouvant aller de 350 à plus de 5000 dollars à l’international, l’écart observé à Kinshasa semble refléter une pression locale particulièrement forte sur ces modèles très populaires .
Une crise aux multiples causes
Plusieurs facteurs expliquent cette situation. La Toyota IST, un modèle très prisé pour sa fiabilité et son économie de carburant, est équipée de moteurs 1.3L ou 1.5L, largement demandés sur le marché de l’occasion . Cette forte demande, conjuguée à des difficultés d’approvisionnement et à la flambée des coûts de fret international, fait exploser les prix.
Sur place, les vendeurs de la place Kimpwanza justifient cette augmentation par la cherté des conteneurs en provenance d’Asie et d’Europe. Le manque de régulation et la spéculation aggravent la crise, avec des intermédiaires qui multiplient les marges. Des prix sur le marché international, entre 600 et 900 dollars pour certains fournisseurs, et l’offre de Toyota IST d’occasion à Kinshasa, avoisinant les 2 800 dollars pour un véhicule entier, témoignent d’un contexte inflationniste qui touche toute la filière automobile .
Pour les kinois, cette hausse est un drame. Beaucoup doivent renoncer à réparer leur véhicule, unique moyen de transport dans une ville tentaculaire. Entre la vie chère et les difficultés de mobilité, la colère gronde. Des appels à l’intervention des autorités se font de plus en plus pressants, pour encadrer ce marché devenu incontrôlable.




