Le second axe du discours de la première ministre Judith Suminwa à l’ONU , plus offensif, a consisté à établir un lien direct entre l’exploitation illégale des minerais congolais et le financement de la guerre qui ravage l’Est du pays depuis plus de 30 ans. La cheffe du gouvernement a rappelé que la RDC continue de subir une guerre injuste imposée par le Rwanda sous couvert de l’AFC/M23, en violation de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du pays.
Mais au-delà de la dénonciation géopolitique classique, un sous-texte économique s’est glissé dans son intervention : celui des circuits commerciaux internationaux qui, directement ou indirectement, continuent d’absorber des minerais extraits dans des zones sous contrôle rebelle. C’est une manière pour Kinshasa de pousser les grandes places d’achat bourses de matières premières, raffineurs, industriels de l’électronique et de l’automobile à durcir leur traçabilité, sous peine de contribuer, sans le vouloir ou en le sachant, à l’financement du conflit.
L’argument a un poids particulier cette année,le Conseil de sécurité avait adopté en 2025 la résolution 2773, exigeant du Rwanda qu’il cesse son soutien au M23 et retire ses troupes. Face à la tribune, Kinshasa a rappelé ces décisions déjà prises, comme pour souligner l’écart entre les engagements pris et leur application concrète sur le terrain.
✍️ KIDIMBU POP



