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Kinshasa et le Katanga avalent 45 % de l’industrie congolaise : et les autres provinces ?

Par Rédaction ECOFISC

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La République démocratique du Congo bouge. Les chiffres sont désormais là pour l’attester. Selon le rapport préliminaire du recensement des entreprises industrielles réalisé en 2025, présenté au Conseil des ministres du 14 août 2026 par le ministre Justin Kalumba Mwana Ngongo, le pays compte désormais 1.226 unités industrielles identifiées, contre seulement 525 en 2017.

En 9 ans, le tissu industriel congolais a plus que doublé. Une progression spectaculaire qui témoigne des efforts du Gouvernement en faveur de l’industrialisation et de la diversification de l’économie. Mais ce bilan, aussi encourageant soit-il, ne saurait occulter les fragilités structurelles qui subsistent : une concentration géographique alarmante, des secteurs encore fragiles et un défi de financement qui reste à relever.

Une progression tangible, signe d’une volonté politique assumée

Passer de 525 à 1.226 unités en activité en moins d’une décennie est un signal fort. Cette dynamique s’inscrit dans la stratégie nationale d’industrialisation voulue par le Président de la République, qui fait de la transformation locale des matières premières un axe prioritaire.

Les chiffres du recensement confirment que les politiques incitatives, les réformes du climat des affaires et les investissements dans les infrastructures commencent à porter leurs fruits. La RDC n’est plus seulement un pays exportateur de minerais et de produits bruts ; elle construit progressivement un tissu industriel diversifié, même si le chemin est encore long.

Comme l’a souligné le ministre Justin Kalumba, ces données constituent une base essentielle pour l’orientation des politiques publiques, permettant de disposer d’une photographie précise du secteur afin de mieux piloter son développement.

Kinshasa et le Katanga trustent près de la moitié de l’industrie nationale

Malgré cette embellie, un constat demeure : la répartition des unités industrielles reste profondément inégale. Le rapport révèle en effet une concentration extrême.

La ville de Kinshasa arrive largement en tête avec 264 unités industrielles, ce qui représente plus d’un cinquième du total national. Elle est suivie par la province du Haut-Katanga, qui compte 188 unités, et par le Lualaba avec 101 unités. À elles seules, ces trois entités regroupent 553 unités industrielles, soit environ 45 % du total recensé à l’échelle nationale.

Si l’on y ajoute d’autres pôles émergents comme le Kongo Central ou le Sud-Kivu, la disparité est encore plus frappante avec des provinces comme le Tshopo, l’Ituri ou le Kwilu qui peinent à décoller.

Cette situation confirme le poids écrasant de la capitale, pôle de consommation et de services, et des provinces minières du Katanga, qui attirent les capitaux grâce à leurs ressources. Mais elle met surtout en lumière l’urgence d’une politique d’aménagement du territoire industriel pour éviter une bipolarisation qui laisse de larges pans du pays en marge du développement.

Au-delà du recensement : les entreprises en difficulté

Le rapport préliminaire ne s’est pas contenté de compter les unités en activité. Il a également dressé un état des lieux des entreprises confrontées à des difficultés, notamment celles ayant cessé temporairement ou définitivement leurs activités, ainsi que celles qui souffrent d’une sous-exploitation chronique de leurs capacités de production.

Ces données sont précieuses. Elles permettent d’identifier les secteurs les plus vulnérables et les contraintes récurrentes : accès limité au crédit, vétusté des infrastructures, coût de l’énergie, instabilité fiscale ou difficultés d’approvisionnement en intrants.

L’enjeu est désormais de transformer ce diagnostic en actions concrètes. Le recensement de 2025 n’est pas une fin en soi ; il est le point de départ d’une politique industrielle plus fine et plus réactive, capable d’accompagner les entreprises fragiles et de prévenir les faillites.

FPI : Le recouvrement des créances, un levier pour financer l’avenir

Au-delà du recensement, une autre annonce marque cette rentrée industrielle,le début du processus de recouvrement des créances dues au Fonds de Promotion de l’Industrie, le FPI.

Cette décision fait suite à la communication du Président de la République ainsi qu’aux différentes réunions de suivi organisées sous la coordination de la Première ministre. L’objectif est clair : mobiliser des ressources supplémentaires pour financer de nouveaux projets industriels.

Comme le souligne le compte rendu du Conseil des ministres, les fonds ainsi mobilisés pourront être investis dans le financement d’autres projets industriels afin de poursuivre l’industrialisation du pays.

Le FPI, qui a longtemps souffert de difficultés de recouvrement, pourrait ainsi retrouver son rôle de catalyseur du développement industriel. Reste à savoir si ce processus sera mené avec rigueur et transparence, et si les fonds récupérés seront effectivement fléchés vers des projets structurants, notamment dans les provinces les moins industrialisées.

Les défis à relever pour transformer l’essai

Ce recensement est une bonne nouvelle. Il valide les efforts accomplis et donne une feuille de route pour la suite. Mais plusieurs défis majeurs subsistent.

Le premier est celui de la déconcentration. Il est impératif d’encourager l’implantation d’unités industrielles dans les provinces de l’Est, du Centre et du Nord afin de créer des bassins d’emploi locaux et de réduire la pression sur Kinshasa et le Katanga.

Le deuxième défi est l’amélioration du climat des affaires. L’accès au foncier, à l’électricité et au crédit pour les PME industrielles reste un obstacle majeur qu’il faut lever pour permettre l’émergence d’un tissu entrepreneurial plus large.

Le troisième enjeu est le renforcement des chaînes de valeur locales. La RDC doit aller au-delà de l’extraction pour développer la transformation locale de ses ressources agricoles, forestières et minières. C’est à ce prix que l’industrie créera durablement de la richesse et des emplois.

Enfin, le quatrième défi est le suivi des entreprises en difficulté. La mise en place de mécanismes d’accompagnement, de financements relais et de conseil en gestion pourrait éviter de nombreuses faillites et préserver les emplois existants.

Un pas de géant, mais une marche à poursuivre

La RDC n’est plus la même qu’en 2017. Avec 1.226 unités industrielles, elle affiche une vitalité économique qui mérite d’être saluée. La progression est réelle, soutenue par une volonté politique affirmée et des outils comme le FPI qui commencent à retrouver leur efficacité.

Mais ce dynamisme ne doit pas masquer les fractures territoriales et structurelles qui persistent. L’industrialisation de la RDC ne sera pleinement réussie que lorsqu’elle profitera équitablement à l’ensemble des provinces et qu’elle parviendra à transformer durablement les ressources du pays en richesses partagées.

Le recensement de 2025 est une photographie. Il appartient désormais au Gouvernement, aux opérateurs économiques et à la société civile d’écrire la suite de l’histoire. Une histoire où l’industrie congolaise ne sera plus seulement un moteur, mais un ascenseur social et territorial pour tout un peuple.

✍️ KIDIMBU Pop

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Rédaction ECOFISC

La rédaction d'ECOFISC couvre l'économie, la fiscalité, les entreprises et les enjeux financiers en République Démocratique du Congo.

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