En cette année 2026, la République démocratique du Congo pose un jalon décisif sur le chemin de sa souveraineté alimentaire. Avec le lancement du programme « Riz Bumba Loso na Biso », déployé sur un quinquennat ambitieux (2026-2030), le pays ne se contente plus de subir les aléas des marchés internationaux, il choisit de labourer son propre destin, grain par grain.
L’objectif est clair et mesuré : renforcer durablement la production locale de riz pour réduire progressivement la dépendance du pays aux importations. Derrière cette formulation économique se dessine une vision plus vaste, celle d’une nation qui puise dans ses entrailles fertiles de quoi nourrir ses enfants et bâtir sa résilience.
Une ambition qui se nourrit de chiffres et d’hommes
Près de 30 000 producteurs partenaires seront accompagnés dans le cadre de cette initiative. Ce chiffre, impressionnant, ne rend pourtant qu’imparfaitement compte de l’ampleur humaine du projet. Car derrière chaque producteur, il y a une famille, une parcelle de terre, un espoir de voir ses efforts récompensés par des revenus améliorés et une vie digne.
Le programme prévoit également l’installation de sept unités de transformation rizicole, infrastructure essentielle pour bonifier la chaîne de valeur et offrir à la production nationale les moyens de sa compétitivité.
Transformer sur place, c’est créer de la richesse là où elle naît, c’est éviter que le fruit du travail des agriculteurs ne s’évapore en pertes post-récolte ou en marges captées ailleurs.
Au-delà du grain, l’humain
Mais ce projet ne se mesure pas qu’en tonnes produites ou en hectares aménagés. Il entend stimuler le développement économique des zones rurales par la création de plusieurs milliers d’emplois directs et indirects. L’inclusion économique des femmes et des jeunes, avec des objectifs chiffrés de 40 % et 35 % de participation respective, témoigne d’une volonté de faire de cette filière un levier de justice sociale autant que de production.
Lors de la cérémonie de lancement, la Directrice générale de PHC, Monique Gieskes, a élevé le débat au-dessus des considérations purement agricoles. « Aujourd’hui, nous ne procédons pas seulement au lancement d’un nouveau projet agricole. Nous donnons naissance à une ambition nationale », a-t-elle déclaré, avant d’ajouter :
« Notre pays dispose d’immenses terres arables, d’abondantes ressources en eau et d’une population jeune, courageuse et entreprenante. Notre responsabilité collective est de transformer ce potentiel en richesse, en emplois, en revenus et en sécurité alimentaire. »
Une souveraineté à cultiver ensemble
Pour PHC, le succès du projet sera évalué non seulement à travers les volumes produits, mais également par les retombées socio-économiques sur les communautés rurales. L’amélioration des conditions de vie des producteurs, les opportunités offertes aux jeunes et aux femmes, la vitalité retrouvée des territoires : voilà les véritables indicateurs d’une transformation durable.
À travers cette initiative, la République démocratique du Congo entend franchir une nouvelle étape dans le développement de sa filière rizicole. En misant sur la production locale pour réduire les importations, elle renforce la résilience de son système alimentaire. Mais plus encore, elle affirme sa capacité à transformer ses immenses atouts naturels et humains en levier de prospérité partagée.
« Riz Bumba Loso na Biso », un pari qui se jouera dans les champs, dans les unités de transformation, dans les foyers où la nourriture se prépare, mais aussi dans la fierté retrouvée d’un peuple qui cultive enfin son avenir.
✍️ KIDIMBU pop



