L’actualité du secteur minier en République Démocratique du Congo a connu une densité rare ces derniers jours. Entre réflexions sur la révision du Code minier, annonces institutionnelles et décisions internationales majeures, la filière est à un tournant stratégique.
Un Forum pour repenser le cadre juridique minier
Pendant trois jours, pouvoirs publics, opérateurs miniers, partenaires techniques et financiers, représentants de la société civile et monde académique se sont réunis à l’occasion du Forum de la Chambre des Mines de la FEC. Objectif : réfléchir collectivement à l’évolution du cadre légal, réglementaire et institutionnel du secteur.
Des messages forts des dirigeants de la FEC
À cette occasion, le Président national de la FEC, M. Robert Malumba, a rappelé une position de principe : la RDC doit se doter d’un cadre juridique capable de mieux valoriser ses ressources naturelles, tout en préservant la stabilité et la prévisibilité indispensables aux investissements de long terme.Son propos a été prolongé par M. Kassongo Bin Nassor, Président de la Chambre des mines , qui a insisté sur la nécessité de préserver la cohérence du cadre légal. Il a notamment mis en garde contre toute évolution normative susceptible d’affecter la stabilité fiscale garantie par le Code minier de 2018, pierre angulaire de la confiance des investisseurs.
Le cadastre minier change d’adresse
Parallèlement, une annonce institutionnelle majeure a été faite : le Cadastre Minier dispose désormais d’une nouvelle adresse physique, marquant une volonté de moderniser ses services et de renforcer sa proximité avec les opérateurs.
Une première ZEA pilote viable voit le jour
Autre avancée concrète, le lancement de la première Zone d’Exploitation Artisanale (ZEA) pilote viable. Cette initiative, attendue depuis plusieurs années, pourrait constituer un modèle pour structurer l’exploitation minière artisanale, souvent informelle, et améliorer les conditions de vie des creuseurs tout en encadrant mieux la production.
Géopolitique : l’UE ferme ses portes à l’or soudanais
Enfin, le contexte international s’invite dans le débat. L’Union européenne a récemment annoncé une décision lourde de conséquences : l’interdiction d’importer et de commercialiser l’or en provenance du Soudan. Une mesure qui pourrait redessiner les flux commerciaux aurifères en Afrique et offrir des opportunités pour l’or congolais, à condition que la traçabilité et la conformité soient irréprochables.
Une semaine charnière se joue donc pour le secteur minier congolais, tiraillé entre ambitions de réforme, impératifs de stabilité et pressions géopolitiques. Les prochains mois diront si la RDC parvient à concilier attractivité des investissements et souveraineté sur ses richesses naturelles.



