Eurobond : déjà 137,8 millions USD décaissés pour l’énergie et les aéroports, la RDC accélère ses grands chantiers

Le Gouvernement de la République démocratique du Congo matérialise son engagement en faveur du développement des infrastructures. Selon un communiqué du ministère des Finances, une enveloppe de 137,894 millions USD issue de l’émission inaugurale de l’Eurobond a déjà été décaissée pour financer trois projets d’envergure dans les secteurs stratégiques de l’énergie et des transports aériens. Ces décaissements, qui constituent les premières affectations concrètes des ressources mobilisées sur les marchés financiers internationaux, traduisent la volonté du Chef de l’État de transformer les leviers financiers en réalisations palpables pour la population. L’énergie au cœur du développement : 48 millions USD pour Grand Katende Sur le montant total déjà libéré, 48,035 millions USD ont été orientés vers le projet intégré de construction de la centrale hydroélectrique de Grand Katende, ainsi que vers ses infrastructures de transport et de distribution d’électricité. Ce projet, vital pour le tissu économique de la région, vise à accroître significativement la capacité énergétique du pays afin de soutenir l’industrialisation et d’améliorer l’accès à l’électricité pour les ménages. Modernisation des plateformes aéroportuaires : 89,859 millions USD pour N’djili et Luano Parallèlement, une enveloppe de 89,859 millions USD a été décaissée pour les projets de modernisation des deux principaux aéroports internationaux du pays : L’aéroport international de N’djili à Kinshasa, principale porte d’entrée du pays, dont la rénovation est cruciale pour le rayonnement de la capitale ;L’aéroport international de Luano à Lubumbashi, hub économique du sud du pays. Ces investissements visent à mettre les infrastructures aéroportuaires congolaises aux normes internationales, favorisant ainsi le commerce, le tourisme et la mobilité des personnes. Un calendrier de décaissements soutenu pour les routes et l’énergie Le ministère des Finances annonce une accélération des décaissements dans les prochains jours. Plus de 200 millions USD devraient être mobilisés pour financer deux projets routiers majeurs : La Rocade Nord-Est de Kinshasa (Route du Fleuve), qui désengorgera la capitale ;La RN4 Kisangani-Beni, axe essentiel pour la desserte du Nord-Est du pays. À ces montants s’ajouteront, d’ici à la fin de l’année, au moins 300 millions USD de décaissements supplémentaires dédiés à la poursuite des travaux de modernisation de l’aéroport de N’djili et à la construction de la centrale de Grand Katende. Une gestion rigoureuse et transparente des fonds Face à l’ampleur des montants engagés, le Gouvernement assure une traçabilité rigoureuse des ressources. L’exécution de ces fonds est placée sous la responsabilité des comptables publics, garantissant une utilisation conforme aux règles de la commande publique. Par ailleurs, les ressources non encore utilisées sont logées dans des comptes créditeurs générateurs d’intérêts. Selon le ministère des Finances, ce mécanisme financier prudent permettra de générer des revenus complémentaires, contribuant ainsi à l’atténuation du coût des coupons liés à l’Eurobond. L’enjeu : transformer la levée de fonds en progrès tangible Cette stratégie intervient dans un contexte où l’État congolais cherche à concilier mobilisation de financements extérieurs et efficacité dans l’exécution des projets. Pour le Gouvernement, l’enjeu est désormais clair : transformer les ressources levées sur les marchés internationaux en réalisations concrètes dans les secteurs des infrastructures, de l’énergie et des transports, conformément aux engagements pris par le Président de la République. Au total, les décaissements annoncés à court et moyen terme devraient porter sur plusieurs centaines de millions de dollars, renforçant le rôle de l’Eurobond comme levier incontournable du financement des infrastructures publiques en RDC.

Fraude pétrolière : le Gouvernement congolais sonne l’alarme dans l’Est et le Sud

Le Gouvernement congolais alerte sur une recrudescence de la fraude pétrolière dans les zones Est et Sud du pays. Cependant, le Vice-Premier Ministre de l’Économie, Daniel Mukoko Samba, a saisi la DGDA pour ouvrir des enquêtes et renforcer les contrôles, après des rapports signalant des volumes de carburants non déclarés et des pertes de recettes publiques. Deux procédés frauduleux sont particulièrement visés : la réutilisation des mêmes bons de sortie pour plusieurs cargaisons, et le recyclage d’anciennes déclarations douanières dans de nouvelles opérations. Une anomalie interpelle aussi : les volumes de gasoil déclarés pour la consommation domestique dépassent désormais ceux destinés aux sociétés minières, alors que la structure habituelle est de 20 % pour le marché intérieur contre 80 % pour l’activité minière. Face à cette situation, le ministère exige des contrôles mixtes associant les brigades des Hydrocarbures, la DGDA et le Marquage moléculaire, ainsi qu’un suivi renforcé des produits depuis la douane jusqu’à la livraison. Pour les experts, la solution durable repose sur l’interconnexion des bases de données et l’automatisation des contrôles, seuls remparts efficaces contre ces pratiques qui privent l’État de ressources essentielles.

La Primature : combien d’argent pour fonctionner ces trois prochains mois ?

Chaque trimestre, l’État planifie ses dépenses pour éviter les mauvaises surprises. Pour la période de juillet à septembre 2026, les services du Premier ministre ont reçu une enveloppe de 480,5 milliards de francs congolais, ce qui équivaut à environ 208,9 millions de dollars américains. Ces chiffres viennent d’un document officiel appelé le « plan d’engagement budgétaire ». Ce plan est comme un agenda des dépenses, il dit combien chaque ministère ou administration peut dépenser à chaque moment de l’année, pour que l’argent public soit utilisé de manière ordonnée et que l’État ne se retrouve pas à court de liquidités. Sur l’ensemble de l’année 2026, le budget total alloué à la Primature s’élève à 675,1 milliards de francs (environ 293,5 millions de dollars). Cela signifie que les trois derniers mois de l’année (octobre à décembre) disposeront du reste, une fois déduites les dépenses déjà prévues ou réalisées. Car oui, sur les six premiers mois de l’année, la Primature a déjà engagé 194,6 milliards de francs, soit près de 29 % de son budget annuel. Cela peut sembler peu, mais c’est normal : certaines dépenses sont plus lourdes en fin d’année, et le gouvernement veille à garder une marge de manœuvre. Pourquoi tout ce contrôle ? Derrière ces chiffres, il y a une volonté claire du gouvernement : renforcer la discipline budgétaire. Cela signifie qu’on veut éviter les dépenses excessives ou imprévues, mieux maîtriser ce qui est dépensé, et rendre chaque franc plus utile. C’est ce qu’on appelle « l’efficacité de la chaîne de la dépense publique » : s’assurer que l’argent des contribuables sert vraiment à ce pour quoi il a été voté. En résumé, ce plan permet à l’État de garder le cap, de ne pas dépasser ses moyens et de s’assurer qu’il y aura assez d’argent en caisse pour payer les salaires, les fournitures et les projets essentiels jusqu’à la fin de l’année.

Arrêté fiscal suspendu : la RDC vient-elle d’éviter un suicide numérique ?

Alors que l’orage grondait depuis quelques jours, le gouvernement congolais a choisi la voie de l’apaisement. Dans un communiqué publié tard dans la soirée du 1er août 2026, le ministère des Finances annonce la suspension de l’arrêté interministériel n°015 du 20 juillet, qui devait réformer la fiscalité du numérique. Un coup de frein spectaculaire, dicté par une levée de boucliers inédite. Mais au-delà du retrait tactique, c’est une leçon de démocratie participative qui s’écrit, jamais, depuis l’adoption du Startup Act en 2022, les acteurs tech n’avaient fait preuve d’une telle unité. Startups, investisseurs, journalistes web, experts juridiques et même figures de l’opposition comme Martin Fayulu dont la tribune incendiaire a cristallisé les inquiétudes ont formé un front commun. Leur argument ? Le texte, en l’état, aurait asphyxié l’innovation naissante et envoyé un signal désastreux aux financeurs étrangers. Les autorités, elles, parlent de « mauvaises interprétations » et de « récupération politique ». Elles assurent que les startups restaient protégées par le Code du numérique et l’ordonnance-loi de 2022. Pourtant, la suspension est un aveu implicite, la communication autour de la mesure était aussi floue que ses implications fiscales. Cependant, Ce sursis n’est pas une fin, mais un début. Le gouvernement promet désormais un dialogue élargi avec toutes les parties prenantes. Un exercice périlleux, car il faudra concilier deux impératifs légitimes, la nécessité de renflouer les caisses de l’État par une imposition équitable des géants du web, et la protection d’un écosystème fragile, moteur d’emplois et d’avenir. L’enjeu dépasse la simple fiscalité. Il s’agit de savoir si la RDC veut être un laboratoire d’excellence numérique ou un marché captif pour les GAFAM. En suspendant l’arrêté, le gouvernement a gagné du temps. Il lui reste à prouver qu’il sait écouter, rectifier et innover… en matière de gouvernance.

Arrêté fiscal suspendu : la RDC vient-elle d’éviter un suicide numérique ?

Alors que l’orage grondait depuis quelques jours, le gouvernement congolais a choisi la voie de l’apaisement. Dans un communiqué publié tard dans la soirée du 1er août 2026, le ministère des Finances annonce la suspension de l’arrêté interministériel n°015 du 20 juillet, qui devait réformer la fiscalité du numérique. Un coup de frein spectaculaire, dicté par une levée de boucliers inédite. Mais au-delà du retrait tactique, c’est une leçon de démocratie participative qui s’écrit, jamais, depuis l’adoption du Startup Act en 2022, les acteurs tech n’avaient fait preuve d’une telle unité. Startups, investisseurs, journalistes web, experts juridiques et même figures de l’opposition comme Martin Fayulu dont la tribune incendiaire a cristallisé les inquiétudes ont formé un front commun. Leur argument ? Le texte, en l’état, aurait asphyxié l’innovation naissante et envoyé un signal désastreux aux financeurs étrangers. Les autorités, elles, parlent de « mauvaises interprétations » et de « récupération politique ». Elles assurent que les startups restaient protégées par le Code du numérique et l’ordonnance-loi de 2022. Pourtant, la suspension est un aveu implicite, la communication autour de la mesure était aussi floue que ses implications fiscales. Cependant, Ce sursis n’est pas une fin, mais un début. Le gouvernement promet désormais un dialogue élargi avec toutes les parties prenantes. Un exercice périlleux, car il faudra concilier deux impératifs légitimes, la nécessité de renflouer les caisses de l’État par une imposition équitable des géants du web, et la protection d’un écosystème fragile, moteur d’emplois et d’avenir. L’enjeu dépasse la simple fiscalité. Il s’agit de savoir si la RDC veut être un laboratoire d’excellence numérique ou un marché captif pour les GAFAM. En suspendant l’arrêté, le gouvernement a gagné du temps. Il lui reste à prouver qu’il sait écouter, rectifier et innover… en matière de gouvernance.

Budget 2027 : Adolphe Muzito lance les conférences budgétaires à Kinshasa

Le Vice-Premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, a donné le coup d’envoi des conférences budgétaires 2027 ce mercredi au centre financier de Kinshasa. Pendant 10 jours, experts et administrateurs vont plancher sur l’élaboration de l’avant-projet de loi des finances 2027. Devant les membres du gouvernement, les chefs d’institutions et les partenaires techniques, Adolphe Muzito a souhaité que ces assises soient marquées par la vérité budgétaire et la responsabilité. Il a réaffirmé la volonté du gouvernement de déposer le projet de loi dans les délais constitutionnels. Le Vice-Premier ministre a appelé à améliorer la qualité des projections, à mieux appréhender les recettes minières et à renforcer la traçabilité des flux financiers, afin de préserver la soutenabilité de la politique budgétaire de la RDC. Il a salué l’engagement du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, dont la vision permet au pays de maintenir le cap de la stabilité macroéconomique, de la construction des infrastructures et de l’amélioration des conditions sociales de la population. La RDC affiche une dynamique de progression économique. Le taux de pression fiscale devrait passer de 12,5 % cette année à 14% en 2027, puis atteindre 17% à l’horizon 2035. Les recettes courantes suivraient cette courbe ascendante, passant de 15,3 milliards de dollars en 2026 à 17 milliards en 2027, avec un objectif de 40 milliards d’ici 2035. Pendant ces 10 jours, les experts devront examiner les besoins de fonctionnement des services, identifier les risques budgétaires et transformer davantage la croissance économique en recettes publiques. La secrétaire générale au Budget, a souligné que l’accent sera mis sur le basculement vers le budget-programme et sur des prévisions plus fiables, conformément aux orientations de la Première ministre. Le gouvernement entend finaliser cette mutation tout en élargissant l’assiette fiscale, afin de financer les priorités nationales déclinées dans le Programme d’Actions.

MIBA : les 8 syndicats dénoncent une « spoliation organisée » de son patrimoine foncier à Mbuji-Mayi

Un vent de colère souffle sur la cité diamantifère du Kasaï-Oriental. Les huit syndicats de la Minière de Bakwanga (MIBA) tirent la sonnette d’alarme face à ce qu’ils qualifient de « spoliation organisée » des terrains de l’entreprise publique. En cause, un morcellement et un lotissement jugés irréguliers d’une parcelle stratégique située en plein cœur de Mbuji-Mayi, le long de l’avenue Fatshi. Un patrimoine grignoté aux portes de l’entreprise Selon les représentants des travailleurs, l’assiette litigieuse s’étend entre le Guest House de la MIBA et l’espace pelouse appartenant à la société. Une bande de terre qui, jusqu’à récemment, faisait partie intégrante du domaine de l’État. Or, des investigations syndicales révèlent que cette parcelle serait en cours de découpage en lots, laissant présager une vente ou une attribution à des tiers. Pour les syndicalistes, cette opération est entachée d’irrégularités manifestes. « Nous assistons, impuissants, à un dépeçage méthodique de ce qui reste du patrimoine de la MIBA », s’insurgent-ils dans leur mémorandum, exigeant que le gouvernement mette fin à ce qu’ils estiment être une « mainmise illégale ». Un document officiel contesté et un appel à l’arbitrage ministériel Face à l’avancée des travaux, les syndicats ont interpellé la hiérarchie. Ils réclament une intervention urgente et ferme de la ministre du Portefeuille, ainsi que du Conseil d’administration et de la Direction générale, afin de protéger les intérêts de l’entreprise. Cependant, l’affaire se complique. Du côté des travailleurs, on murmure que les initiateurs de ce lotissement se prévalent d’un document signé par une autorité provinciale. Un élément qui, s’il venait à être confirmé, placerait le gouvernement provincial au cœur de la polémique. Les syndicats mettent en garde : « Aucune autorité administrative, provinciale ou nationale, n’a le droit de disposer du patrimoine de la MIBA sans le consentement de ses organes de gestion. » La MIBA, fragilisée, menacée de perdre ses dernières assises Cette nouvelle affaire tombe dans un contexte économique déjà critique pour la MIBA. L’entreprise, qui peine à se relancer après des années de crise structurelle et de baisse de production, risque de voir son patrimoine foncier, l’une de ses dernières valeurs refuges, se réduire comme une peau de chagrin. « À force de grignoter les terrains, que restera-t-il de la MIBA demain ? » s’interrogent les employés, craignant que cette spoliation ne compromette définitivement toute perspective de redressement. Alors que l’entreprise tente de survivre, ce conflit foncier illustre une fois de plus les difficultés de l’État congolais à protéger ses fleurons industriels contre les convoitises locales. Les syndicats promettent de ne pas en rester là. Ils menacent de recourir à des moyens plus radicaux si aucune réponse n’est apportée à leur requête dans les plus brefs délais. ✍️ RABY MBUYI / MBUJI MAYI