Dans un contexte où les rumeurs vont parfois plus vite que la justice, le parquet général près la Cour de cassation a tenu à remettre les pendules à l’heure. Dans un communiqué ce samedi, il rappelle une évidence trop souvent oubliée, à ce stade de l’enquête, aucune culpabilité n’est établie à l’encontre de l’ancien inspecteur général des finances, Jules Alingete, et des autres personnes mises en cause dans une affaire de corruption et de blanchiment de capitaux présumés.
Le procureur général Firmin Mvonde a été clair : les éléments actuellement en main des enquêteurs ne permettent pas d’affirmer l’implication des suspects.
« À ce jour, il est hasardeux de soutenir, au regard des éléments en présence, la culpabilité des incriminés, la preuve de leur implication n’ayant pas été apportée », peut-on lire dans le communiqué. Des propos mesurés qui viennent tempérer les interprétations parfois hâtives qui circulent depuis l’ouverture de ce dossier.
Le parquet tient également à rappeler un détail qui a son importance, certains des faits évoqués ont déjà fait l’objet, par le passé, d’une instruction judiciaire. Et dans plusieurs cas, ces investigations ont même abouti à des décisions de non-lieu. De quoi relativiser l’ampleur supposée de l’affaire et inviter à la prudence avant tout jugement définitif.
Autre point que la justice a souhaité clarifier : l’interdiction de sortie du territoire dont font l’objet les personnes concernées. Contrairement à ce que certains ont pu laisser entendre, il ne s’agit pas d’une sanction. Le procureur général précise qu’il s’agit d’une mesure conservatoire, une simple précaution destinée à garantir que les personnes impliquées restent disponibles pour les besoins de l’enquête et puissent être entendues à tout moment par l’officier du ministère public. Rien de plus.
Cette mise au point intervient alors que les spéculations vont bon train autour de ce dossier. Dans un pays où l’opinion publique est souvent prompte à se forger une conviction avant même que la justice ait fini son travail, le parquet général rappelle les fondamentaux d’un État de droit : la présomption d’innocence s’applique à tous, y compris aux hauts responsables, jusqu’à preuve du contraire.
Pour l’heure, l’enquête suit son cours. Et la justice, comme elle le rappelle elle-même, avance avec méthode, sans précipitation, ni complaisance. Le reste relève encore du domaine des hypothèses.
✍🏻 KIDIMBU POP



