Accueil - Actualités

Corridor de Lobito : à Lusaka, la RDC sonne l’heure de l’action pour un nouvel essor économique régional

Par Rédaction ECOFISC

img_3590

La deuxième réunion de coordination de haut niveau consacrée au corridor de Lobito s’est ouverte lundi à Lusaka, en Zambie, avec une ambition clairement affichée, passer des engagements politiques à la réalisation concrète des projets destinés à transformer les échanges, les infrastructures et les économies de l’Angola, de la République démocratique du Congo et de la Zambie.

Organisée conjointement par le Gouvernement zambien et le Groupe de la Banque mondiale, cette rencontre de deux jours réunit les représentants des trois pays, les institutions financières internationales, les partenaires au développement ainsi que des acteurs du secteur privé. Les discussions portent notamment sur les investissements prioritaires, la facilitation des échanges, les infrastructures ferroviaires et routières, ainsi que la mobilisation des capitaux privés

De la vision stratégique à l’action concrète

Le corridor de Lobito est appelé à devenir bien plus qu’une simple voie de transport reliant les régions minières d’Afrique centrale et australe au port angolais de Lobito, sur l’océan Atlantique. Les participants veulent en faire un véritable écosystème économique régional, capable de stimuler la production, les échanges commerciaux, l’investissement et la création d’emplois.
La réunion de Lusaka devrait permettre d’identifier les priorités d’action pour les six à vingt-quatre prochains mois, de fixer des étapes de mise en œuvre et de clarifier les responsabilités des États, des bailleurs de fonds et des partenaires privés.
Les échanges portent notamment sur : la mise en place d’une feuille de route commune pour la facilitation du commerce ; le développement des réseaux ferroviaires, routiers et des infrastructures de desserte ; la modernisation des postes-frontières et l’harmonisation des procédures douanières ; le renforcement des chaînes de valeur dans les secteurs minier, agricole, énergétique et industriel ; la mobilisation des financements privés et des investissements transfrontaliers ; l’amélioration du fonctionnement du Lobito Atlantic Railway ; le programme de travail de l’Agence de facilitation du transport et du transit du corridor de Lobito.

Pour les organisateurs, les infrastructures ne pourront produire pleinement leurs effets que si elles sont accompagnées de procédures frontalières rapides, de règles douanières prévisibles, d’un environnement des affaires attractif et d’un financement compétitif.[diamondtvzambia +1]
La RDC appelle à la matérialisation du projet
À la tête de la délégation congolaise, le ministre d’État, ministre du Plan et de la Coordination de l’aide au développement, Guylain Nyembo Mbwizya, a plaidé pour une accélération de la mise en œuvre effective du corridor de Lobito.

La délégation de la République démocratique du Congo comprend également Julien Paluku Kahongya, ministre du Commerce extérieur, et John Banza Lunda, ministre des Infrastructures et Travaux publics.

Dans son intervention, le ministre d’État a insisté sur la nécessité de dépasser le stade des déclarations d’intention afin de donner une traduction concrète aux engagements pris par les différents partenaires. Pour la RDC, le corridor doit favoriser la construction d’infrastructures structurantes, l’implantation de zones industrielles et la transformation locale des ressources naturelles.

Cependant, Kinshasa souhaite également voir se développer l’agro-industrie, le tourisme et les activités économiques le long du corridor, afin que les retombées du projet bénéficient directement aux populations des territoires traversés.
Cette approche rejoint l’objectif affiché par les partenaires de transformer le corridor en une plateforme d’intégration économique, reliant les zones de production aux marchés régionaux et internationaux.

Hichilema met en avant l’intégration africaine

Ouvrant les travaux, le président zambien Hakainde Hichilema a présenté le corridor de Lobito comme un programme intégré, susceptible de jouer un rôle majeur dans la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine, la ZLECAf.
Selon le président zambien, l’amélioration des connexions entre l’Angola, la RDC et la Zambie pourrait contribuer à accroître le volume des échanges intra-africains, à réduire les coûts logistiques et à renforcer la compétitivité des entreprises de la région.

Hakainde Hichilema a également salué l’accord

conclu entre la Zambie et la RDC en vue de moderniser leurs frontières communes. Ce projet prévoit notamment la construction de postes-frontières intégrés, destinés à réduire les délais et les coûts liés aux opérations d’importation, d’exportation et de transit.
La modernisation des frontières constitue un enjeu essentiel pour la réussite du corridor. Une ligne ferroviaire performante ne pourra, en effet, produire tous ses effets si les marchandises restent bloquées par des procédures administratives longues, complexes ou non harmonisées.

Un projet à vocation régionale

Pour l’Angola, la réussite du corridor de Lobito doit être collective et reposer sur une prospérité partagée entre les trois pays. Luanda entend ainsi renforcer la connexion entre son port atlantique, les régions minières de la RDC et les zones de production de la Zambie.
Le corridor relie déjà l’Angola à la République démocratique du Congo grâce à la ligne ferroviaire opérée par le Lobito Atlantic Railway. L’un des principaux défis demeure la construction et la modernisation des liaisons devant connecter davantage la Zambie au réseau angolais.
La Banque africaine de développement a récemment approuvé un financement destiné à soutenir la réalisation de la section zambienne du projet, notamment la construction d’une nouvelle ligne ferroviaire et la modernisation de certaines infrastructures routières. Le projet pourrait également générer plusieurs milliers d’emplois pendant la phase de construction et des emplois permanents au cours de son exploitation.

Du côté des bailleurs de fonds, la Banque mondiale a réaffirmé sa volonté d’accélérer l’appui financier à la construction de la voie ferrée reliant les régions minières de la RDC et de l’Angola jusqu’au port de Lobito.
L’institution a également mis en avant le potentiel d’investissement du corridor dans plusieurs secteurs, notamment les mines, l’énergie, l’agro-industrie, la logistique et la foresterie. Selon des données présentées lors de la réunion, 118 opportunités d’investissement identifiées par la Société financière internationale représenteraient un potentiel supérieur à 28 milliards de dollars.


La Banque mondiale estime toutefois que la réussite du corridor ne doit pas être mesurée uniquement à l’aune de la construction des voies ferrées. Les infrastructures doivent être accompagnées d’investissements dans l’électricité, les routes secondaires, les entrepôts, les unités de transformation, les compétences professionnelles et les services destinés aux entreprises.

Partager cet article

Share on facebook
Facebook
Share on twitter
X
Share on linkedin
LinkedIn
favicon

Rédaction ECOFISC

La rédaction d'ECOFISC couvre l'économie, la fiscalité, les entreprises et les enjeux financiers en République Démocratique du Congo.

Articles récents

  • All Post
  • Actualités
  • Afrique-monde
  • Décryptage
  • Éco des rues
  • Entreprendre
  • Fiscalité
  • Mines
  • Régies financières
  • Sondage d’opinions & d’appréciations
  • Votre argent

Annoncez sur ECOFISC

Touchez une audience ciblée : entrepreneurs, décideurs, fiscalistes et investisseurs en RDC.