Le directeur général de la Société nationale d’électricité (SNEL), Teddy Lwamba Muba, affirme que la RDC avait accepté de perdre environ 600 millions de dollars américains afin de permettre à la population de suivre la Coupe du monde avec une fourniture d’électricité de meilleure qualité.
« La RDC avait accepté de perdre environ 600 millions USD pour que la population regarde la Coupe du monde avec un courant de bonne qualité », a déclaré
Cette sortie intervient alors que Kinshasa connaît depuis plusieurs mois d’importantes perturbations dans la fourniture d’électricité. Lors d’un briefing le 1er octobre, Teddy Lwamba a expliqué que la capitale avait besoin d’environ 1 200 mégawatts, alors que la puissance injectée tournait autour de 600 mégawatts, avec un pic atteignant parfois 700 mégawatts.
Cet écart entre l’offre disponible et la demande conduit la SNEL à recourir au délestage. Pour renforcer l’approvisionnement, l’entreprise envisage notamment le recours à des bateaux-centrales, susceptibles d’apporter 134 mégawatts supplémentaires, soit environ 20% de puissance additionnelle.
Un coût à clarifier
Le montant de 600 millions USD soulève une interrogation majeure : la SNEL n’a pas encore détaillé publiquement s’il s’agit d’un manque à gagner commercial, de dépenses exceptionnelles, de recettes abandonnées ou d’un coût lié à la mobilisation d’énergies de secours.
Cette précision est essentielle, car la SNEL fait face à des contraintes financières structurelles. Teddy Lwamba a notamment indiqué que l’État représentait environ 25% de la consommation de la SNEL, tout en évoquant des difficultés de paiement et des tarifs insuffisants pour financer l’exploitation et les investissements.
La Coupe du monde a mis en lumière le déficit électrique du pays, mais les difficultés de la SNEL sont antérieures à la compétition. Le directeur général avait déjà expliqué devant l’Assemblée nationale que la demande croissante, notamment dans le secteur minier, et les limites du cadre légal pour les investissements privés contribuaient aux délestages.
Pour les Kinshasois, la question est désormais simple : le « courant de bonne qualité » promis pendant la Coupe du monde pourra-t-il se maintenir après la compétition ? La SNEL devra prouver que les mesures exceptionnelles prises pour le Mondial s’inscrivent dans une stratégie durable de production, de transport et de distribution.




