Football et finances : la FIFA engrange 13 milliards d’euros, quel impact pour la RDC ?

Le Mondial des clubs version 2026 s’annonce comme un raz-de-marée financier. Son président Gianni Infantino a annoncé aux associations membres que la compétition a généré 13 milliards d’euros de revenus, dépassant largement les 9,5 milliards initialement prévus. Cette performance inattendue est portée par le système de revente de billets, sur lequel la FIFA prélève deux commissions de 15 % , une à l’acheteur et une au vendeur, transformant le marché secondaire en véritable poumon financier de l’événement. Pour la RDC, cette manne pourrait se traduire par une hausse des subventions allouées par la FIFA à la Fédération Congolaise de Football Association (FECOFA). Ces fonds supplémentaires, destinés au développement du football de base et aux infrastructures, tombent à point nommé dans un contexte où le pays cherche à dynamiser son sport. Reste à savoir si ces crédits seront effectivement fléchés vers la formation des jeunes joueurs et la rénovation des stades, des chantiers prioritaires pour structurer la pratique locale. ✍️ KIDIMBU POP
Loi de finances 2026 : le Sénat adopte, une commission en route pour trancher les divergences

Le Sénat a franchi une étape clé dans l’examen de la loi de finances rectificative 2026, en adoptant le rapport de la commission ECOFIN-BG. Mais l’adoption en termes non identiques entre les deux chambres du Parlement impose désormais une mise en cohérence : une Commission Mixte Paritaire (CMP) sera réunie dans les prochains jours pour harmoniser les versions de l’Assemblée nationale et du Sénat, avant la promulgation tant attendue par l’exécutif. Par ailleurs, le rapport de la commission Socioculturelle sur la loi portant Principes fondamentaux relatifs à la Recherche scientifique et technologique a été approuvé en principe, mais renvoyé pour enrichissement. Les sénateurs disposent de 24 heures pour déposer leurs amendements, après quoi la plénière adoptera la version définitive. Un délai serré qui traduit la volonté des élus d’aboutir à un texte à la hauteur des enjeux de souveraineté scientifique du pays.
URGENT : Félix Tshisekedi annonce un dialogue national inclusif, l’Église salue une « décision historique »

Le Président de la République démocratique du Congo, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a annoncé ce vendredi l’organisation prochaine d’un dialogue national inclusif, apaisé et résolument républicain. L’initiative, présentée comme un cadre de concertation inédit, vise à consolider la cohésion nationale dans le strict respect des institutions et de la Constitution. L’annonce présidentielle, intervenue en fin de journée, a suscité une réaction immédiate et favorable de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO). Par la voix du Cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, l’Église catholique a salué une décision qu’elle qualifie d’« historique ». « Nous nous réjouissons de cette annonce et exprimons notre gratitude au Chef de l’État pour cette initiative qui répond à une attente profonde de la nation », a déclaré le Cardinal Ambongo, soulignant l’importance d’un dialogue « apaisé » pour renforcer le vivre-ensemble dans un pays confronté à des défis sécuritaires et politiques majeurs. Si le calendrier et les modalités précises de cette consultation nationale n’ont pas encore été dévoilés, l’engagement présidentiel en faveur d’un processus « inclusif » et « républicain » laisse présager une participation élargie aux forces vives de la nation, incluant partis politiques, société civile et confessions religieuses. Cette annonce intervient dans un contexte de tensions régionales et de débats sur la révision du cadre institutionnel, que le Chef de l’État entend désormais canaliser par le dialogue plutôt que par la confrontation. ✍️ KIDIMBU Pop
« Riz Bumba Loso na Biso »: Quand la RDC cultive son avenir alimentaire

L’objectif est clair et mesuré : renforcer durablement la production locale de riz pour réduire progressivement la dépendance du pays aux importations
La RDC lève 80 millions de dollars : un pari gagnant sur la confiance des marchés

Il est un signe qui ne trompe pas, sur le chemin discret mais exigeant de la finance publique, l’appétit des investisseurs pour la dette souveraine congolaise ne faiblit pas. Bien au contraire. La dernière adjudication des Obligations du Trésor, organisée le 14 juillet 2026, en est une illustration éclatante. Face à une enveloppe initiale de 60 millions USD, le Trésor public a vu les offres affluer pour atteindre 80,86 millions USD, soit un taux de couverture de 134,77 %. Quatre investisseurs ont répondu présents, et toutes leurs soumissions ont été intégralement retenues. Signe que la demande n’est pas seulement là : elle est ferme, confiante, presque empressée. Ces obligations, rémunérées à 8 % l’an sur une maturité de deux ans, ne sont pas un simple produit financier. Elles sont le reflet d’une crédibilité qui se construit pas à pas, dans un environnement régional souvent volatil. Le gouvernement congolais, en puisant dans cette ressource, ne se contente pas de boucher un trou de trésorerie : il nourrit une ambition. Celle de financer des infrastructures, de soutenir l’investissement public, de poser les fondations d’un développement durable. Et ce n’est pas un feu de paille. Depuis janvier 2026, la courbe est ascendante. · Au premier trimestre, sur un objectif de 400 millions USD, plus de 364 millions ont été mobilisés. Un taux de réalisation supérieur à 90 %, dans un marché encore en rodage.· Au deuxième trimestre, les adjudications successives ont permis de lever près de 273,5 millions USD, malgré un objectif plus ambitieux de 550 millions. La performance est réelle, même si le rythme s’est ralenti.· Pour le troisième trimestre, le calendrier indicatif affiche une cible de 400 millions USD supplémentaires, via Bons et Obligations en dollars. Derrière ces chiffres, une dynamique se dessine, celle d’un État qui apprend à jouer la partition des marchés, et d’investisseurs qui, peu à peu, cessent de voir la RDC comme un pari risqué pour y lire une opportunité sérieuse. Bien sûr, tout n’est pas parfait. L’écart entre les objectifs trimestriels et les réalisations rappelle que la route est encore longue, que la liquidité reste contrainte, que la profondeur du marché s’invente jour après jour. Mais l’essentiel est ailleurs, dans cette capacité à répéter, adjudication après adjudication, un signal de stabilité. La RDC construit son autonomie financière. Pas dans le bruit des grandes annonces, mais dans le silence des salles de marché, là où chaque soumission est un acte de foi. Une foi que le Trésor public, en retenant toutes les offres, choisit de transformer en pont vers l’avenir. Car au fond, ce qui se joue sous les projecteurs des obligations en dollars, c’est moins une question d’argent que de crédibilité. Et celle-ci, une fois acquise, ne se dévalue pas.
Lithium de Manono : la RDC impose la transformation locale avant l’exportation

Le futur des batteries électriques s’écrit aussi au bord du lac Tanganyika. À Manono, l’aventure ne fait que commencer…
La Banque Centrale retire 134 milliards CDF : pourquoi cette opération et quel impact pour vous ?

Le 1er juillet 2026, la Banque Centrale du Congo (BCC) a procédé à une opération monétaire majeure. le retrait de 134,1 milliards de francs congolais du système bancaire. Cette décision, qui porte l’encours global des Bons BCC à 2 205,85 milliards CDF, interroge. Que signifie concrètement ce retrait pour l’économie et pour le citoyen lambda ? Décryptage. Qu’est-ce qu’un « Bon BCC » ? Pour comprendre, il faut d’abord saisir ce qu’est un Bon BCC. Il s’agit d’un titre de créance émis par la Banque Centrale et vendu aux banques commerciales. Concrètement, la BCC emprunte de l’argent aux banques pour une courte durée (quelques jours ou semaines). En échange, elle leur verse des intérêts. À l’échéance, elle rembourse le capital emprunté. Cette opération est un outil classique de la politique monétaire, utilisé par les banques centrales du monde entier pour réguler la quantité d’argent en circulation. Pourquoi la BCC retire-t-elle des liquidités ? L’objectif est simple mais crucial : maîtriser la masse monétaire pour éviter les déséquilibres économiques. Lutter contre l’inflation d’abord. Trop d’argent en circulation signifie que les ménages et les entreprises ont plus de moyens d’acheter. La demande augmente, et les prix suivent mécaniquement. En retirant des liquidités, la BCC freine cette hausse des prix et protège le pouvoir d’achat des Congolais. Stabiliser le franc congolais ensuite. Moins d’argent disponible équivaut à moins de pression sur la monnaie. Le franc congolais se déprécie moins vite face au dollar, ce qui limite l’augmentation du coût des importations (produits alimentaires, carburant, matériaux, etc.). Encadrer l’octroi de crédits enfin. Les banques ayant moins de liquidités à prêter, elles deviennent plus sélectives. Les taux d’intérêt augmentent, ce qui dissuade les emprunts « faciles » et freine la spéculation. Quel est l’impact concret pour le citoyen ? Pour les emprunteurs, les taux d’intérêt des crédits immobiliers ou à la consommation peuvent augmenter. Emprunter devient plus cher. Pour les consommateurs, l’inflation ralentit à long terme, donc les prix augmentent moins vite sur les biens et services du quotidien. Pour le pouvoir d’achat, le franc congolais se stabilise face au dollar, ce qui protège l’achat des produits importés comme les aliments, le carburant ou les matériaux de construction. Pour les épargnants, les taux des livrets d’épargne peuvent légèrement augmenter, car les banques rémunèrent mieux les dépôts pour attirer des fonds. Pourquoi ces chiffres sont-ils importants ? Le retrait de 134,1 milliards CDF en une seule opération représente un montant significatif. Il montre la volonté de la BCC d’agir fermement sur les liquidités pour endiguer l’inflation. L’encours total de 2 205,85 milliards CDF donne, lui, une idée du volume global de liquidités « stérilisées » par la Banque Centrale. Plus cet encours est élevé, plus la politique monétaire est restrictive. Cela signifie que la BCC est en train de serrer la vis pour éviter une surchauffe de l’économie. Et maintenant, qu’est-ce qui pourrait changer ? Si cette opération se poursuit, elle pourrait contribuer à un ralentissement de l’inflation et à une meilleure stabilité du franc congolais. Mais plusieurs inconnues demeurent. L’économie congolaise reste vulnérable aux chocs externes : fluctuation des prix du pétrole, instabilité des cours des matières premières, tensions géopolitiques. La BCC peut retirer des liquidités, mais elle ne contrôle pas ces facteurs externes. Autre question : les banques vont-elles répercuter cette rareté de liquidités sur leurs clients en augmentant les taux ou en restreignant l’accès au crédit ? Si c’est le cas, les entreprises pourraient voir leurs projets d’investissement ralentir, avec un effet domino sur l’emploi et la croissance. En résumé La Banque Centrale du Congo a « aspiré » 134 milliards de francs du système bancaire pour refroidir l’économie, lutter contre l’inflation et stabiliser la monnaie. Une opération classique de politique monétaire, qui aura des répercussions sur les crédits, les prix et le taux de change. Reste à savoir si les effets escomptés se concrétiseront à long terme. L’avenir dira si ce retrait massif est une mesure temporaire ou le début d’une politique restrictive durable pour protéger l’économie congolaise. ✍🏻 KIDIMBU pop
« La redevance minière en RDC est effective mais … » décryptage avec Henry Kabwe, expert en gouvernance minière et fiscalité

La redevance minière rapporte des milliards… mais où va vraiment l’argent ?
Henry Kabwe, expert en gouvernance minière, nous dit tout : paiements effectifs, répartition, et ces fameux 0,3 % qui échappent encore aux contrôles. Un entretien à ne pas manquer