RDC_MINES | ZAMII2026 : la RDC plaide pour des chaînes de valeur minières régionales

La République démocratique du Congo a pris part à l’ouverture du Zambia Mining and Investment Insaka (ZAMII) 2026, organisé au Mulungushi International Conference Centre de Lusaka, en Zambie. Ce forum de 5 jours réunit gouvernements, entreprises minières, investisseurs et experts autour de la transformation des ressources minérales africaines. Placée sous le thème « Transformer le paysage minier africain : chaînes de valeur régionales, prospérité partagée et autonomisation des communautés », la rencontre entend identifier les leviers permettant de passer d’une économie d’extraction à une économie de transformation. Les discussions portent notamment sur l’ajout de valeur locale, la création d’emplois, le contenu local et le renforcement des chaînes d’approvisionnement régionales. La position de la RDC Représentant la République démocratique du Congo, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a exposé les priorités congolaises : développer des chaînes de valeur régionales, renforcer la transparence dans la gouvernance minière et améliorer la redistribution des retombées économiques aux communautés affectées par l’exploitation. La délégation congolaise a également mis l’accent sur deux conditions structurelles de compétitivité : l’amélioration des infrastructures et la fluidification des échanges transfrontaliers. Le poste de Kasumbalesa, principal point de passage entre la RDC et la Zambie, a été cité comme un espace stratégique dont l’efficacité conditionne directement les flux commerciaux et industriels entre les deux économies. Un enjeu commun RDC–Zambie La RDC et la Zambie partagent une frontière minière majeure, la ceinture du cuivre, où sont concentrées d’importantes ressources de cuivre et de cobalt. Les deux pays figurent parmi les principaux producteurs mondiaux de ces métaux, indispensables notamment à la transition énergétique et à la fabrication de batteries.Cette complémentarité a déjà donné lieu à des coopérations sectorielles, notamment autour d’un projet de production de batteries et de précurseurs en RDC et en Zambie, ainsi que du développement d’infrastructures de transport et d’une zone économique spéciale transfrontalière. L’enjeu est de réduire la dépendance à l’exportation de minerais bruts et de capter davantage de valeur sur le territoire africain. Transformation locale et retombées communautairesLe message central porté par la RDC à Lusaka peut se résumer ainsi : transformer les ressources en industries, les industries en emplois et les emplois en prospérité pour les populations. Cette approche suppose des investissements dans la transformation minérale, la formation technique, la recherche, les infrastructures et l’intégration des entreprises locales dans les chaînes d’approvisionnement. Elle implique aussi une gouvernance plus lisible : contrats et redevances mieux suivis, respect des normes environnementales et sociales, consultation des communautés et mécanismes concrets de partage des bénéfices. Le forum accorde d’ailleurs une place explicite à l’autonomisation des communautés et à la participation des acteurs locaux. Vers une intégration régionale En marge de la cérémonie d’ouverture, la délégation congolaise a participé à des échanges avec ses homologues zambien et botswanais, ainsi qu’avec des représentants du secteur privé minier. Une visite des stands d’exposition a également permis de présenter des solutions technologiques, des projets d’investissement et des initiatives liées à la valorisation des minerais. ✍️ KIDIMBU POP
RDC : Tenke Fungurume Mining pointée du doigt pour la pollution de l’air au SO₂ à Manomapia

Une enquête du consortium Mazingira Pour Tous et Resource Matters accuse l’usine 30K de Tenke Fungurume Mining (TFM) d’être à l’origine d’une pollution atmosphérique préoccupante au dioxyde de soufre (SO₂) dans la localité de Manomapia, dans la province du Lualaba, en République démocratique du Congo. Un pic de pollution 3,7 fois supérieur aux recommandations de l’OMS Selon les données rendues publiques par les deux organisations, un pic de dioxyde de soufre de 1 834 µg/m³ sur dix minutes a été enregistré dans la zone étudiée. Ce niveau représente environ 3,7 fois la valeur guide de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour ce polluant, ce qui témoigne d’une exposition aiguë potentiellement dangereuse pour les populations riveraines. L’étude, réalisée entre novembre 2025 et juillet 2026, s’appuie notamment sur le suivi de 209 participants résidant dans la zone exposée. Les résultats font état d’une forte fréquence de symptômes irritatifs touchant les voies respiratoires, les yeux et la peau chez les personnes vivant à proximité de l’usine 30K de TFM. Le SO₂, un polluant aux effets sanitaires graves Le dioxyde de soufre est un gaz incolore et irritant, émis notamment lors du traitement de minerais sulfurés. Ses dangers pour la santé humaine sont bien documentés : · Irritation des voies respiratoires : le SO₂ provoque toux, dyspnée, bronchoconstriction et aggrave les pathologies préexistantes comme l’asthme ou la bronchite chronique.· Atteintes oculaires et cutanées : expositions répétées entraînent conjonctivites, larmoiements et irritations de la peau.· Effets cardiovasculaires : des études épidémiologiques associent les pics de SO₂ à une augmentation des hospitalisations pour troubles cardiaques et respiratoires.· Populations vulnérables : enfants, personnes âgées, femmes enceintes et individus immunodéprimés sont les plus exposés aux conséquences graves.· Impacts environnementaux : le SO₂ contribue aux pluies acides, à l’acidification des sols et des eaux, et à la dégradation des écosystèmes locaux. Une situation qui interpelle sur la responsabilité industrielle Cette enquête relance le débat sur l’impact environnemental et sanitaire de l’exploitation minière dans le Lualaba, région stratégique pour le cobalt et le cuivre en RDC. Les organisations signataires appellent à : · une évaluation indépendante et transparente des émissions de TFM ;· la mise en place d’un système de surveillance continue de la qualité de l’air autour des sites industriels ;· des mesures de protection immédiates pour les communautés exposées ;· et l’application du principe pollueur-payeur, conformément au Code minier congolais et aux normes internationales. Un appel à la vigilance des autorités Alors que la RDC ambitionne de développer une filière minière responsable, notamment autour du cobalt « propre », cette affaire illustre la nécessité d’un contrôle accru des émissions atmosphériques et d’une consultation réelle des communautés riveraines. Les résultats de l’étude Mazingira Pour Tous/Resource Matters constituent, selon leurs auteurs, une base scientifique suffisante pour exiger des autorités congolaises et de l’entreprise TFM des explications et des engagements concrets. ✍️ KIDIMBU POP
ITIE-RDC : la RDC joue gros sur la transparence minière, L. watum et G. Nyembo mobilisés avant la Validation d’octobre 2026

ITIE-RDC : Louis Watum et Guylain Nyembo affichent un front uni avant la Validation,
L’heure n’est plus aux discours, mais à la démonstration.
China Mining 2026 : ce que la RDC a vraiment présenté à Tianjin

La délégation congolaise menée par le ministre des Mines Louis Watum Kabamba multiplie les rencontres à la China Mining Conference de Tianjin. L’ambition affichée d’une industrialisation minière se heurte toutefois à des obstacles structurels que le discours officiel occulte encore largement. Un discours de rupture… sur le papier C’est un changement de logiciel que Kinshasa revendique. À Tianjin, où se tient du 10 au 12 septembre la 28ᵉ édition de la China Mining Conference and Exhibition, le ministre des Mines Louis Watum Kabamba a posé une idée simple en apparence : la performance minière d’un pays ne doit plus se mesurer au tonnage exporté, mais à la valeur ajoutée créée sur son sol. « La réussite de l’exploitation minière ne devrait plus être appréciée uniquement à travers les volumes de minerais extraits », a-t-il martelé lors du Forum RDC-Chine organisé en marge de la conférence, évoquant pêle-mêle les emplois qualifiés, le transfert de technologies et la montée en puissance d’entreprises congolaises. Sur le papier, la démarche est cohérente. La RDC dispose de cobalt, de cuivre, de lithium, de coltan, autant de minerais dont la demande mondiale est portée par la transition énergétique. La Chine, elle, dispose de l’expertise industrielle, logistique et technologique. La complémentarité semble évidente. La délégation congolaise ne s’y trompe pas : le CAMI, le CEEC, le SGNC, la SAEMAPE, l’IGM, la CTCPM, la Gécamines et le FOMIN sont tous venus présenter leurs missions et leurs opportunités aux investisseurs chinois. Mais entre l’affichage d’une ambition et sa matérialisation, il y a un fossé que trois jours de conférence ne suffiront pas à combler. Le piège de la « coopération gagnant-gagnant » Le thème officiel de cette édition — « Coopération gagnant-gagnant, verte et intelligente » — mérite d’être interrogé. Car dans les faits, la relation sino-congolaise dans les mines reste largement asymétrique. La RDC exporte des concentrés bruts ou faiblement transformés ; la Chine les raffine, les intègre dans ses chaînes de valeur et capte l’essentiel de la marge. Le fameux contrat chinois de 2008, revisité en 2024 après d’âpres négociations, illustre cette tension : Kinshasa avait dû batailler ferme pour rééquilibrer un accord initial jugé déséquilibré. Rien ne garantit que les nouveaux partenariats évoqués à Tianjin échappent à la même logique. La question n’est pas de savoir si la Chine est un partenaire pertinent, elle l’est, de toute évidence. Elle est de savoir si la RDC dispose des leviers juridiques, fiscaux et techniques pour imposer une transformation locale qui ne soit pas un simple habillage. Or, sur ce terrain, les indicateurs sont préoccupants. Les angles morts du récit officiel Trois obstacles majeurs sont absents du discours tenu à Tianjin. Premier angle mort : l’énergie. Transformer le minerai dont cuivre, cobalt, lithium exige une électricité abondante, stable et bon marché. La RDC en est loin. Le barrage d’Inga, chantier pharaonique maintes fois annoncé, reste largement sous-exploité. Sans électricité industrielle, aucune fonderie ne sera compétitive. C’est la condition matérielle sine qua non de toute stratégie de transformation locale, et elle est à peine effleurée. Deuxième angle mort : la gouvernance. Le secteur minier congolais reste miné par la fraude, la contrebande et les réseaux d’enrichissement. Le cobalt artisanal, largement documenté pour ses conditions de travail et ses circuits parallèles, échappe encore en grande partie au contrôle de l’État. Comment attirer des investissements industriels durables dans un environnement où la traçabilité demeure un défi ? Troisième angle mort : les compétences. Le transfert de technologies suppose une main-d’œuvre qualifiée. Les institutions congolaises présentes à Tianjin IGM, CEEC forment des cadres, mais en nombre insuffisant pour absorber la demande d’une industrie de transformation à grande échelle. Sans un investissement massif dans la formation technique et professionnelle, la « congolisation » des emplois qualifiés restera un vœu pieux. Ce que Tianjin dit vraiment La participation congolaise à la China Mining Conference n’est pas anodine. Elle intervient dans un contexte où Kinshasa cherche à diversifier ses partenaires et à renégocier les termes de son insertion dans les chaînes de valeur mondiales. Elle traduit une prise de conscience : la RDC ne peut plus se contenter d’être un fournisseur de matières premières. Mais elle révèle aussi une fragilité. En misant largement sur le partenariat chinois pour opérer sa mutation industrielle, Kinshasa prend le risque d’un nouveau déséquilibre : celui d’une dépendance accrue à un seul partenaire, dans un secteur déjà dominé par les capitaux chinois. L’enjeu véritable n’est donc pas d’attirer davantage d’investissements chinois, ils affluent déjà. Il est de s’assurer que ces investissements s’accompagnent d’un transfert réel de valeur, de compétences et de technologies. Ce qui suppose un cadre juridique solide, une administration minière renforcée et une stratégie industrielle claire, absente du discours officiel.
Code minier et règlement minier en RDC : deux textes, une même ambition, à ne pas confondre !

Code minier et règlement minier : la différence, à ne pas confondre
Mines RDC : Fraude, artisanat, redistribution : peut-on vraiment tout changer en un an ?

Gouvernance rigoureuse, lutte acharnée contre la fraude, formalisation de l’artisanat, justice sociale dans la redistribution, exploration intensive et lancement de nouveaux projets. En douze mois, la feuille de route tracée par Louis Watum Kabamba, ministre des mines a transformé le paysage minier congolais. Derrière les chiffres 349,2 millions de dollars mobilisés, 521 projets communautaires, 2 851 tonnes d’or captées se dessine une nouvelle philosophie : celle d’une richesse qui profite enfin à toutes et à tous. Une gouvernance recentrée sur l’efficacité et la transparence Selon un résumé en vidéo publié sur les réseaux sociaux du ministère des mines, c’était dès le premier jour, que le cap a été fixé : restaurer la confiance dans l’administration minière. La mise en place d’outils de pilotage modernes et la traçabilité des flux ont permis de verrouiller les processus. Résultat : 349,2 millions de dollars américains mobilisés, une manne qui témoigne de la fiabilité retrouvée du secteur. Cette discipline budgétaire est le socle sur lequel reposent toutes les autres avancées. Lutte contre la fraude : le nerf de la guerre L’or congolais ne doit plus alimenter les circuits illicites. Grâce à des brigades de contrôle renforcées et à une digitalisation accrue des déclarations, 2 851 tonnes d’or artisanal ont été officiellement captées et acheminées vers les filières légales. Un coup de filet qui assainit le marché et garantit que chaque gramme contribue au développement national. Formalisation de l’artisanat : sortir de l’ombre L’artisan minier, longtemps marginalisé, devient un partenaire à part entière. Près de 1 221 emplois directs ont été créés dans ce cadre, avec un accompagnement technique et juridique. Parallèlement, 114 agents ont été formés aux nouveaux standards de contrôle et de sécurité, professionnalisant durablement la chaîne de valeur. Redistribution des retombées : le peuple d’abord Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 521 projets communautaires ont vu le jour, dont 80 écoles et 65 centres de santé. C’est la concrétisation de l’engagement pris : que les revenus miniers se transforment en routes, en dispensaires et en salles de classe. Par ailleurs, 100 bourses d’études ont été octroyées aux enfants des zones minières, ouvrant l’avenir plutôt que de le subir. Exploration et nouveaux projets : préparer l’avenirLe sous-sol congolais recèle encore bien des promesses. Des campagnes d’exploration intensives ont été lancées, attirant de nouveaux investisseurs responsables. Ces projets, couplés au recyclage des revenus, placent la RDC comme un acteur incontournable de la transition énergétique et technologique mondiale. Un bilan qui engage l’avenir En douze mois, le secteur minier est passé de la promesse à l’action. Louis Watum Kabamba et ses équipes ont prouvé qu’avec de la volonté et de la méthode, les ressources peuvent être un levier de paix et de prospérité. Ce n’est pas un aboutissement, mais un nouveau départ. ✍️ KIDIMBU Pop
RDC : Trafigura et le gouvernement explorent de nouvelles pistes pour l’énergie et la transformation des minerais

Le VPM de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a reçu cette semaine Hervé François Otschudi Omanga, le représentant en RDC du géant du négoce de matières premières, Trafigura. Au cœur des échanges, les moyens d’accélérer les investissements privés dans les secteurs clés de l’économie congolaise. Des discussions sans engagement ferme pour l’instant Si la rencontre a permis de passer en revue les projets potentiels, elle n’a abouti à la signature d’aucun nouveau contrat ni à l’annonce d’un montant d’investissement précis. Les discussions ont principalement porté sur quatre domaines stratégiques, les infrastructures énergétiques, la logistique, les capacités de stockage et, surtout, la transformation locale des minerais. L’objectif affiché est d’accompagner la hausse de la production minière tout en améliorant les infrastructures qui soutiennent l’économie du pays. Un acteur déjà bien implanté dans la logistique congolaise Trafigura n’est pas un nouveau venu en RDC. La société est déjà un acteur majeur de la chaîne d’approvisionnement des métaux, notamment via le corridor de Lobito. Elle est actionnaire, aux côtés de Mota-Engil et Vecturis, du consortium qui exploite cette ligne ferroviaire reliant l’Angola à la frontière congolaise, et qui s’étend jusqu’à Kolwezi, au cœur du bassin cuprifère. En février dernier, Trafigura et l’Entreprise Générale du Cobalt (EGC) ont d’ailleurs réalisé avec succès un premier transport de cuivre et de cobalt via cette voie. Le consortium a par ailleurs obtenu plus de 750 millions de dollars de financements pour la réhabilitation et l’extension de ses infrastructures. La transformation locale, un tournant stratégique L’un des points les plus notables des discussions est l’insistance mise sur la transformation locale. Cette orientation rejoint la volonté du gouvernement congolais, qui a récemment interdit les exportations de concentrés de cuivre et de cobalt pour pousser les compagnies à traiter davantage les minerais sur place. Cette piste n’est pas théorique pour Trafigura. En mai dernier, le négociant, l’EGC et l’américain EVelution Energy ont signé un protocole d’accord pour étudier le développement de capacités de raffinage du cobalt en RDC. L’idée est de créer une chaîne d’approvisionnement entre la RDC et les États-Unis, en ajoutant une étape de transformation locale avant l’exportation. Le volet énergétique, un sujet à suivre Si les discussions sur la logistique et la transformation avancent, le dossier de l’énergie reste en suspens. Trafigura s’est récemment retiré d’un mégaprojet de ligne électrique de 2 000 MW qui devait transporter de l’hydroélectricité angolaise vers les mines de RDC et de Zambie. Le projet est toujours en négociation avec d’autres investisseurs, mais pour l’instant, aucun accord n’a été trouvé avec Trafigura sur ce volet. Quelles suites pour ces discussions ? Pour les autorités congolaises, l’enjeu est désormais de transformer ces échanges en projets concrets, avec des financements et des calendriers précis. Les prochains mois diront si Trafigura concrétisera ses ambitions en RDC au-delà du simple transport de minerais, en investissant massivement dans l’énergie, le stockage et l’industrialisation locale.
Cobalt congolais et uranium : le Gouvernement rétablit la vérité et renforce les contrôles

Le Gouvernement de la République démocratique du Congo a apporté une réponse ferme et documentée à une étude publiée le 30 juillet dernier dans la revue scientifique Nature Communications. Celle-ci évoquait la présence de traces d’uranium dans certaines exportations congolaises d’hydroxyde de cobalt. Par un communiqué officiel, les autorités de Kinshasa rétablissent les faits et annoncent une série de mesures visant à renforcer davantage la fiabilité et la transparence des chaînes d’approvisionnement minières. Le gouvernement tient d’emblée à préciser que la présence naturelle de traces d’uranium dans les gisements de cuivre et de cobalt du Lualaba et du Haut-Katanga est un phénomène géologique connu depuis plus d’un siècle. Cette particularité, inhérente à la minéralogie de la région, ne constitue ni une anomalie, ni une activité intentionnelle, et reste pleinement conforme aux engagements internationaux de la RDC. Nonobstant les conclusions avancées par l’étude, les autorités affirment que « les analyses réalisées sur les produits miniers destinés à l’exportation ne confirment pas la thèse d’une prétendue présence d’uranium ». Par ailleurs, Kinshasa rappelle que, conformément aux règles de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’uranium présent à l’état de traces n’est pris en compte comme matière nucléaire que lorsqu’il est récupéré de manière spécifique, ce qui n’est pas le cas ici. Surtout, le Gouvernement congolais relativise la portée scientifique de l’étude publiée, estimant que ses résultats reposent sur une modélisation et non sur des analyses directes de cargaisons exportées. Il souligne que « les estimations présentées comportent une large marge d’incertitude et nécessitent une vérification scientifique contradictoire ». Pour lever toute ambiguïté, une vaste campagne d’analyses sera lancée sur un échantillon représentatif des exportations d’hydroxyde de cobalt. Les tests seront réalisés conjointement par un laboratoire national et un laboratoire international accrédité, sous la supervision du Comité national de protection contre les rayonnements ionisants (CNPRI), du Commissariat général à l’énergie atomique (CGEA), du Centre d’expertise, d’évaluation et de certification (CEEC) ainsi que d’autres services techniques compétents. Parallèlement, un groupe de travail interministériel sera chargé d’examiner les allégations, d’évaluer les éventuels risques sanitaires et environnementaux et de proposer les mesures nécessaires. Son rapport est attendu dans un délai de soixante jours. Dans une démarche de transparence et de coopération internationale, des consultations seront menées avec l’AIEA afin d’obtenir un appui technique dans le cadre des mécanismes de coopération déjà existants entre la RDC et cette institution. Le Gouvernement assure que « les conclusions des différentes investigations seront rendues publiques, conformément aux dispositions relatives à l’accès à l’information », car la transparence demeure un élément essentiel pour préserver la crédibilité de la chaîne d’approvisionnement minière congolaise. Enfin, Kinshasa réaffirme avec force sa souveraineté sur ses ressources naturelles et son rôle stratégique dans la transition énergétique mondiale, tout en garantissant que le cobalt congolais continuera d’être exploité et exporté dans le respect strict des normes internationales en matière d’éthique, d’environnement et de sécurité, la protection de la santé des travailleurs, des communautés riveraines et de l’environnement figurant parmi les priorités de la feuille de route gouvernementale. ✍️ Pop KIDIMBU