MIBA : les 8 syndicats dénoncent une « spoliation organisée » de son patrimoine foncier à Mbuji-Mayi

Un vent de colère souffle sur la cité diamantifère du Kasaï-Oriental. Les huit syndicats de la Minière de Bakwanga (MIBA) tirent la sonnette d’alarme face à ce qu’ils qualifient de « spoliation organisée » des terrains de l’entreprise publique. En cause, un morcellement et un lotissement jugés irréguliers d’une parcelle stratégique située en plein cœur de Mbuji-Mayi, le long de l’avenue Fatshi. Un patrimoine grignoté aux portes de l’entreprise Selon les représentants des travailleurs, l’assiette litigieuse s’étend entre le Guest House de la MIBA et l’espace pelouse appartenant à la société. Une bande de terre qui, jusqu’à récemment, faisait partie intégrante du domaine de l’État. Or, des investigations syndicales révèlent que cette parcelle serait en cours de découpage en lots, laissant présager une vente ou une attribution à des tiers. Pour les syndicalistes, cette opération est entachée d’irrégularités manifestes. « Nous assistons, impuissants, à un dépeçage méthodique de ce qui reste du patrimoine de la MIBA », s’insurgent-ils dans leur mémorandum, exigeant que le gouvernement mette fin à ce qu’ils estiment être une « mainmise illégale ». Un document officiel contesté et un appel à l’arbitrage ministériel Face à l’avancée des travaux, les syndicats ont interpellé la hiérarchie. Ils réclament une intervention urgente et ferme de la ministre du Portefeuille, ainsi que du Conseil d’administration et de la Direction générale, afin de protéger les intérêts de l’entreprise. Cependant, l’affaire se complique. Du côté des travailleurs, on murmure que les initiateurs de ce lotissement se prévalent d’un document signé par une autorité provinciale. Un élément qui, s’il venait à être confirmé, placerait le gouvernement provincial au cœur de la polémique. Les syndicats mettent en garde : « Aucune autorité administrative, provinciale ou nationale, n’a le droit de disposer du patrimoine de la MIBA sans le consentement de ses organes de gestion. » La MIBA, fragilisée, menacée de perdre ses dernières assises Cette nouvelle affaire tombe dans un contexte économique déjà critique pour la MIBA. L’entreprise, qui peine à se relancer après des années de crise structurelle et de baisse de production, risque de voir son patrimoine foncier, l’une de ses dernières valeurs refuges, se réduire comme une peau de chagrin. « À force de grignoter les terrains, que restera-t-il de la MIBA demain ? » s’interrogent les employés, craignant que cette spoliation ne compromette définitivement toute perspective de redressement. Alors que l’entreprise tente de survivre, ce conflit foncier illustre une fois de plus les difficultés de l’État congolais à protéger ses fleurons industriels contre les convoitises locales. Les syndicats promettent de ne pas en rester là. Ils menacent de recourir à des moyens plus radicaux si aucune réponse n’est apportée à leur requête dans les plus brefs délais. ✍️ RABY MBUYI / MBUJI MAYI

Mines : une Commission au chevet de l’artisanat minier pour poser les bases d’un secteur plus juste et transparent

Ce n’est pas une simple réunion administrative. C’est un signal fort envoyé à tout un secteur. Ce lundi, dans une salle où se mêlaient gravité et espoir, le directeur de cabinet du ministre des mines, Michel KASWA KAYOMO, a donné le coup d’envoi officiel des travaux d’une Commission à la mission aussi précise que cruciale ; préparer l’affectation des coopératives minières dans les Zones d’Exploitation Artisanale (ZEA) du Haut-Katanga et du Lualaba. Autour de lui, une assemblée qui ne doit rien au hasard. Le Conseiller Principal du Chef de l’État pour le collège Mines, Énergie et Hydrocarbures, le Secrétaire Général aux Mines, le Directeur Général du SAEMAPE, Jean-Paul KAPONGO, mais aussi des responsables de terrain, des représentants de coopératives et des partenaires techniques. Tous réunis pour une même ambition : redonner ses lettres de noblesse à l’exploitation minière artisanale. « Nous ne repartirons pas comme avant » Dans son allocution, le Professeur KASWA KAYOMO n’a pas mâché ses mots. Pour lui, cette Commission n’est pas un gadget administratif. Elle est la colonne vertébrale d’une réforme voulue par le Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, et portée par le Gouvernement de Madame Judith Suminwa Tuluka. « Nous sommes ici pour poser des actes concrets, a-t-il martelé. Pas pour faire semblant. Derrière chaque parcelle, il y a des hommes, des femmes, des familles qui attendent de ce secteur qu’il soit enfin une source de vie, et non d’incertitude. » Il a rappelé que les arrêtés ministériels n°00233 et n°00235 du 03 avril 2026 tracent désormais le cadre juridique de cette affectation. Mais une loi ne vaut que par sa mise en œuvre. C’est tout l’enjeu de cette Commission : transformer le texte en réalité sur le terrain. Une mission sous le signe de l’exigence Le message du sirecteur de cabinet a été clair : professionnalisme, intégrité, impartialité, patriotisme. Quatre mots qui pèsent leur poids, dans un secteur où les tentations et les circuits parallèles ont trop souvent eu raison des bonnes intentions. Chaque membre de la Commission est désormais investi d’une responsabilité historique : garantir une affectation juste et transparente des zones d’exploitation, pour offrir aux coopératives minières une sécurité juridique enfin stabilisée. C’est aussi la promesse d’une meilleure traçabilité des minerais, pour que chaque carat, chaque kilo, chaque once puisse être comptabilisé au profit de l’État et des communautés locales. Au-delà des chiffres, des vies Car derrière les enjeux techniques, il y a des visages. Ceux des exploitants artisanaux, souvent livrés à eux-mêmes, qui cherchent simplement à travailler dignement. Ceux des communautés riveraines, qui aspirent à voir les retombées des richesses de leur sous-sol bénéficier à leurs écoles, à leurs routes, à leur santé. Cette réforme, si elle aboutit, pourrait bien être un tournant. Elle ne promet pas un secteur parfait du jour au lendemain, mais elle jette les fondations d’une exploitation minière artisanale plus responsable, plus organisée et enfin créatrice de valeur pour tous. Une attente, une espérance Alors que les travaux de la Commission débutent, les regards sont tournés vers les prochaines semaines. Les coopératives attendent des réponses. Les autorités veulent des résultats. Et les Congolais, dans leur ensemble, espèrent que cette fois, la transparence l’emportera sur les vieux démons. Une chose est sûre, le Professeur Michel KASWA KAYOMO et ses équipes ont conscience que l’Histoire les attend au tournant. Et ils ont promis de ne pas la décevoir.

Mines : KCC entre dans une ère nouvelle, Yannick Makola,1er DG congolais de l’histoire

C’est une première dans l’histoire minière de la République démocratique du Congo : Kamoto Copper Company (KCC), géant du cuivre et du cobalt, a nommé Yannick Makola au poste de Directeur Général, faisant de lui le premier Congolais à occuper cette fonction depuis la création de l’entreprise. Arrivé chez KCC en 2020, ce natif du pays a gravi tous les échelons avec détermination, prouvant que l’expertise locale est désormais au cœur des plus hautes sphères décisionnelles du secteur extractif. Une nomination historique qui ne se limite pas à un symbole : elle incarne une montée en puissance des compétences congolaises et ouvre un nouveau chapitre pour l’entreprise, désormais ancrée dans une dynamique de souveraineté économique et de confiance renouvelée envers les talents nationaux.

Secteur minier congolais : une semaine décisive entre réforme du Code, nouvelles adresses et enjeux géopolitiques

L’actualité du secteur minier en République Démocratique du Congo a connu une densité rare ces derniers jours. Entre réflexions sur la révision du Code minier, annonces institutionnelles et décisions internationales majeures, la filière est à un tournant stratégique. Un Forum pour repenser le cadre juridique minier Pendant trois jours, pouvoirs publics, opérateurs miniers, partenaires techniques et financiers, représentants de la société civile et monde académique se sont réunis à l’occasion du Forum de la Chambre des Mines de la FEC. Objectif : réfléchir collectivement à l’évolution du cadre légal, réglementaire et institutionnel du secteur. Des messages forts des dirigeants de la FEC À cette occasion, le Président national de la FEC, M. Robert Malumba, a rappelé une position de principe : la RDC doit se doter d’un cadre juridique capable de mieux valoriser ses ressources naturelles, tout en préservant la stabilité et la prévisibilité indispensables aux investissements de long terme.Son propos a été prolongé par M. Kassongo Bin Nassor, Président de la Chambre des mines , qui a insisté sur la nécessité de préserver la cohérence du cadre légal. Il a notamment mis en garde contre toute évolution normative susceptible d’affecter la stabilité fiscale garantie par le Code minier de 2018, pierre angulaire de la confiance des investisseurs. Le cadastre minier change d’adresse Parallèlement, une annonce institutionnelle majeure a été faite : le Cadastre Minier dispose désormais d’une nouvelle adresse physique, marquant une volonté de moderniser ses services et de renforcer sa proximité avec les opérateurs. Une première ZEA pilote viable voit le jour Autre avancée concrète, le lancement de la première Zone d’Exploitation Artisanale (ZEA) pilote viable. Cette initiative, attendue depuis plusieurs années, pourrait constituer un modèle pour structurer l’exploitation minière artisanale, souvent informelle, et améliorer les conditions de vie des creuseurs tout en encadrant mieux la production. Géopolitique : l’UE ferme ses portes à l’or soudanais Enfin, le contexte international s’invite dans le débat. L’Union européenne a récemment annoncé une décision lourde de conséquences : l’interdiction d’importer et de commercialiser l’or en provenance du Soudan. Une mesure qui pourrait redessiner les flux commerciaux aurifères en Afrique et offrir des opportunités pour l’or congolais, à condition que la traçabilité et la conformité soient irréprochables. Une semaine charnière se joue donc pour le secteur minier congolais, tiraillé entre ambitions de réforme, impératifs de stabilité et pressions géopolitiques. Les prochains mois diront si la RDC parvient à concilier attractivité des investissements et souveraineté sur ses richesses naturelles.