Code minier : la Chambre des mines planche sur plus de 40 modifications à Kinshasa

Les opérateurs du secteur privé se réunissent du 15 au 17 juillet 2026 dans la capitale pour harmoniser leur position face à un projet de réforme ambitieux. Enjeu : préserver la stabilité juridique et l’attractivité du sous-sol congolais. La concertation ouverte ce mercredi 15 juillet à Kinshasa marque un tournant dans le processus de révision du Code minier. Réunie au siège de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), la Chambre des mines a transformé les inquiétudes exprimées ces derniers mois par les compagnies minières en un travail technique organisé. Pendant trois jours, opérateurs historiques, junior companies et experts juridiques vont passer au crible une proposition de loi qui modifierait plus de 40 articles de la législation actuelle. L’objectif est double : identifier les dispositions jugées problématiques pour la compétitivité du secteur, et élaborer une position commune qui servira de base aux futures négociations avec le gouvernement et le Parlement. Car si la réforme n’est pas encore adoptée, les recommandations du secteur restent attendues et pourraient influencer le texte final. Dans son discours d’ouverture, la présidence de la Chambre des mines a réaffirmé sa ligne directrice : « Nous recherchons un cadre juridique stable, compétitif et prévisible, aussi bien pour les investissements déjà engagés que pour les futurs projets. » Un message adressé tant aux pouvoirs publics qu’aux partenaires internationaux, alors que la RDC conforte sa place de premier producteur africain de cuivre et de cobalt. Parmi les sujets sensibles qui devraient animer les débats figurent le régime fiscal et douanier, les redevances minières, les obligations locales de transformation (réfineries) ainsi que les clauses de stabilité. Les opérateurs craignent qu’une modification trop fréquente du code n’envoie un signal d’insécurité juridique aux investisseurs, à l’heure où le pays cherche à capter davantage de valeur ajoutée sur sa chaîne minière. À l’issue de ces assises, prévues jusqu’au 17 juillet, une synthèse technique sera transmise aux autorités.. Une chose est sûre : la pression est forte pour que cette révision, si elle aboutit, ne sacrifie pas l’équilibre fragile entre souveraineté nationale et attractivité des capitaux.
Lualaba : les « creuseurs » de KCC deviennent légaux, la ZEA 786 ouvre (enfin) ses portes

Fin du statut de fantômes pour 5 000 creuseurs du Lualaba. Direction Kasulo, où la toute première Zone d’Exploitation Artisanale (ZEA) viable du pays a été officiellement bénie, par les autorités. Adieu le site T17, niché illégalement dans le périmètre de la géante Kamoto Copper Company (KCC) , un voisinage trop encombrant pour le géant cuprifère et bonjour la ZEA 786, nouveau sanctuaire du creusage made in RDC. Sur le papier, c’est une petite révolution : 5 000 exploitants sortent de l’ombre, échangent leur statut de « clandestins » contre une carte de membre d’une coopérative, et promettent de ne plus squatter les concessions industrielles. Dans les faits, c’est la concrétisation d’une promesse martelée par le ministre des mines Louis Watum, qui peut enfin cocher une case de sa longue liste de réformes. La cérémonie, présidée par le patron du SAEMAPE, Jean-Paul Kapongo, en présence de la Gouverneure Fifi Masuka, avait des airs de grand messe : autorités, techniciens, représentants des coopératives tout le représentant minier artisanal était là pour marquer le coup. Mais ne boudons pas notre plaisir, une ZEA, c’est d’abord un cadre légal, des règles, et une traçabilité censée faire fuir la contrebande et les trafics en tout genre. Reste à savoir si cette zone pilote ne deviendra pas, comme trop d’autres avant elle, une simple vitrine administrative avant que la réalité du terrain manque d’équipements, pression fiscale, et concurrence sauvage ne vienne gripper la machine. En attendant, les 5 000 chanceux de Kasulo ont désormais un toit (minier) et un statut. Leur seul vrai patron, désormais, c’est la loi. À eux de ne pas la décevoir.
Lithium de Manono : la RDC impose la transformation locale avant l’exportation

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« La redevance minière en RDC est effective mais … » décryptage avec Henry Kabwe, expert en gouvernance minière et fiscalité

La redevance minière rapporte des milliards… mais où va vraiment l’argent ?
Henry Kabwe, expert en gouvernance minière, nous dit tout : paiements effectifs, répartition, et ces fameux 0,3 % qui échappent encore aux contrôles. Un entretien à ne pas manquer
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Kisankala : heurts entre militaires et creuseurs artisanaux à Goma

Samedi 11 juillet et ce dimanche matin,le site minier de Kisankala, dans la périphérie de Goma, a été secoué par de violents affrontements entre des éléments des forces de l’ordre et des exploitants artisanaux. Selon des sources locales, les hommes en uniforme auraient fait irruption sur le site pour expulser les creuseurs au profit de l’une des deux sociétés qui se disputent le terrain : LUPEMBA MINING et RMC. Un conflit d’intérêts meurtrier Les deux entreprises revendiqueraient chacune des droits d’exploitation sur cette zone riche en minerais, plongeant les artisans dans une situation inextricable. Ces derniers, qui travaillent le sol pour subvenir à leurs besoins, se sont retrouvés pris au piège d’une guerre d’influence qui les dépasse. Témoins sur place, des creuseurs évoquent une intervention musclée, militaires déployés en nombre, menaces, intimidation. Face à la résistance de certains, les heurts ont dégénéré, semant la panique. Le bilan humain reste à ce jour incertain, mais la colère, elle, est bien réelle. Une actualité qui résonne Ces événements surviennent à peine quelques jours après l’annonce, par le Président Félix Tshisekedi, d’une directive ordonnant le retrait immédiat des militaires et policiers des sites miniers en dehors de leurs missions légales. À Kisankala, cette décision semble encore loin d’être appliquée. Pour les creuseurs artisanaux, c’est une nouvelle désillusion, celle d’un État qui peine à faire respecter ses propres règles, et d’un secteur minier où la loi du plus fort l’emporte trop souvent sur la justice. ✍🏻 Eloge wayii / Goma
Félix Tshisekedi ordonne le retrait immédiat des militaires et policiers des sites miniers

Le chef de l’État a tranché. Vendredi 10 juillet, à l’issue du Conseil des ministres, le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a donné des instructions claires, mettre fin à l’implication illégale des hommes en uniforme dans l’exploitation minière. Une décision forte qui vise à restaurer la crédibilité du secteur extractif congolais, trop longtemps entaché par des pratiques opaques et des abus de pouvoir. Un constat alarmant Depuis des années, la présence de militaires et de policiers sur les sites miniers en dehors de leurs missions légales est dénoncée par les opérateurs économiques, les organisations de la société civile et les partenaires internationaux. Ces hommes en uniforme, censés protéger les populations et garantir l’ordre républicain, sont parfois devenus des acteurs parallèles de la chaîne d’exploitation, semant intimidation et désordre là où la loi devrait seule régner. Face à cette situation, le Président Tshisekedi a choisi de frapper un grand coup. Selon le compte rendu du Conseil des ministres, relayé par le porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya, le chef de l’État a ordonné le retrait immédiat de tout élément des forces de défense et de sécurité présent sur les sites miniers en dehors des missions prévues par la loi. Une mesure radicale, mais nécessaire, pour remettre de l’ordre dans un secteur stratégique qui pèse lourd dans l’économie nationale. Une image ternie et une gouvernance fragilisée Pour le Président de la République, cette ingérence illégale des uniformes dans les affaires minières n’est plus tolérable. Elle nourrit, selon lui, « des perceptions négatives sur la gouvernance de nos ressources naturelles », fragilise les mécanismes de contrôle et ouvre grand la porte aux circuits illicites. Cependant, Patrick Muyaya, citant le chef de l’État, a martelé : « Une telle situation entretient des perceptions négatives sur la gouvernance de nos ressources naturelles, fragilise les mécanismes de contrôle, favorise les circuits illicites et compromet les efforts déployés par le gouvernement en faveur d’une exploitation responsable, transparente et conforme aux standards internationaux. » Autrement dit, ces pratiques ne sont pas seulement illégales, elles sapent les réformes engagées depuis plusieurs années pour faire de la RDC un acteur crédible et fiable de l’industrie extractive mondiale. À l’heure où la traçabilité des minerais et la lutte contre l’exploitation illégale sont au cœur des préoccupations internationales, la RDC ne peut plus se permettre d’apparaître comme un territoire où l’impunité règne. Des conséquences lourdes pour l’économie et la sécurité Le Président Tshisekedi a également alerté sur les répercussions concrètes de cette militarisation illégale. Elle prive les titulaires légitimes de leurs droits miniers, installe un climat d’insécurité permanent sur les sites, et expose les opérateurs, les agents de l’État et les communautés locales à des actes d’intimidation, de tracasserie et d’extorsion. Pire encore, ces pratiques perturbent les chaînes d’approvisionnement et de traçabilité des minerais, alimentant des réseaux de fraude et de contrebande qui échappent à tout contrôle. Des minerais sortent du territoire sans être déclarés, des recettes fiscales s’évaporent, et l’État congolais se prive de ressources précieuses pour son développement. Le chef de l’État a été sans équivoque : « Il est hors de question de laisser de tels agissements préoccupants porter gravement atteinte à l’autorité de l’État, à l’image de notre pays, à la crédibilité des réformes engagées dans le secteur minier, ainsi qu’à la confiance des investisseurs et des partenaires nationaux et internationaux. » Un signal fort pour les investisseurs Au-delà de l’aspect répressif, cette directive présidentielle envoie un message clair aux investisseurs et aux partenaires internationaux, la RDC est déterminée à assainir son secteur minier et à offrir un cadre d’exploitation transparent, sécurisé et conforme aux normes internationales. En ordonnant le retrait des militaires et policiers hors cadre légal, le Président Tshisekedi libère également les services compétents notamment l’Inspection des mines, l’administration fiscale et les services de douane pour qu’ils puissent exercer pleinement leurs missions de contrôle et de régulation. Une manière de recentrer l’autorité de l’État là où elle doit être, dans les institutions et non dans les uniformes. Une étape décisive, mais un chemin encore long Si cette décision est saluée comme un pas important vers une meilleure gouvernance minière, elle devra être accompagnée de mesures concrètes pour être pleinement effective. Retirer les uniformes est une chose ; s’assurer qu’ils ne reviennent pas subrepticement, dans d’autres formes ou sous d’autres prétextes, en est une autre. La RDC, riche de ses ressources naturelles, est à un tournant. Elle doit prouver qu’elle est capable de gérer son sous-sol avec responsabilité, transparence et équité, au bénéfice de son peuple et dans le respect des engagements internationaux. Avec cette nouvelle directive, Félix Tshisekedi pose un acte fort. Reste à transformer cette volonté politique en réalité sur le terrain. Car c’est là, dans les mines de Kilwa, de Kolwezi ou de Kambove, que se joue véritablement l’avenir du Congo minier. ✍🏻 KIDIMBU POP
344 millions USD investis, 17 infrastructures livrées : TFM inaugure un nouveau visage pour le Lualaba

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