Mines : KCC entre dans une ère nouvelle, Yannick Makola,1er DG congolais de l’histoire

C’est une première dans l’histoire minière de la République démocratique du Congo : Kamoto Copper Company (KCC), géant du cuivre et du cobalt, a nommé Yannick Makola au poste de Directeur Général, faisant de lui le premier Congolais à occuper cette fonction depuis la création de l’entreprise. Arrivé chez KCC en 2020, ce natif du pays a gravi tous les échelons avec détermination, prouvant que l’expertise locale est désormais au cœur des plus hautes sphères décisionnelles du secteur extractif. Une nomination historique qui ne se limite pas à un symbole : elle incarne une montée en puissance des compétences congolaises et ouvre un nouveau chapitre pour l’entreprise, désormais ancrée dans une dynamique de souveraineté économique et de confiance renouvelée envers les talents nationaux.

Secteur minier congolais : une semaine décisive entre réforme du Code, nouvelles adresses et enjeux géopolitiques

L’actualité du secteur minier en République Démocratique du Congo a connu une densité rare ces derniers jours. Entre réflexions sur la révision du Code minier, annonces institutionnelles et décisions internationales majeures, la filière est à un tournant stratégique. Un Forum pour repenser le cadre juridique minier Pendant trois jours, pouvoirs publics, opérateurs miniers, partenaires techniques et financiers, représentants de la société civile et monde académique se sont réunis à l’occasion du Forum de la Chambre des Mines de la FEC. Objectif : réfléchir collectivement à l’évolution du cadre légal, réglementaire et institutionnel du secteur. Des messages forts des dirigeants de la FEC À cette occasion, le Président national de la FEC, M. Robert Malumba, a rappelé une position de principe : la RDC doit se doter d’un cadre juridique capable de mieux valoriser ses ressources naturelles, tout en préservant la stabilité et la prévisibilité indispensables aux investissements de long terme.Son propos a été prolongé par M. Kassongo Bin Nassor, Président de la Chambre des mines , qui a insisté sur la nécessité de préserver la cohérence du cadre légal. Il a notamment mis en garde contre toute évolution normative susceptible d’affecter la stabilité fiscale garantie par le Code minier de 2018, pierre angulaire de la confiance des investisseurs. Le cadastre minier change d’adresse Parallèlement, une annonce institutionnelle majeure a été faite : le Cadastre Minier dispose désormais d’une nouvelle adresse physique, marquant une volonté de moderniser ses services et de renforcer sa proximité avec les opérateurs. Une première ZEA pilote viable voit le jour Autre avancée concrète, le lancement de la première Zone d’Exploitation Artisanale (ZEA) pilote viable. Cette initiative, attendue depuis plusieurs années, pourrait constituer un modèle pour structurer l’exploitation minière artisanale, souvent informelle, et améliorer les conditions de vie des creuseurs tout en encadrant mieux la production. Géopolitique : l’UE ferme ses portes à l’or soudanais Enfin, le contexte international s’invite dans le débat. L’Union européenne a récemment annoncé une décision lourde de conséquences : l’interdiction d’importer et de commercialiser l’or en provenance du Soudan. Une mesure qui pourrait redessiner les flux commerciaux aurifères en Afrique et offrir des opportunités pour l’or congolais, à condition que la traçabilité et la conformité soient irréprochables. Une semaine charnière se joue donc pour le secteur minier congolais, tiraillé entre ambitions de réforme, impératifs de stabilité et pressions géopolitiques. Les prochains mois diront si la RDC parvient à concilier attractivité des investissements et souveraineté sur ses richesses naturelles.

Code minier : la Chambre des mines planche sur plus de 40 modifications à Kinshasa

Les opérateurs du secteur privé se réunissent du 15 au 17 juillet 2026 dans la capitale pour harmoniser leur position face à un projet de réforme ambitieux. Enjeu : préserver la stabilité juridique et l’attractivité du sous-sol congolais. La concertation ouverte ce mercredi 15 juillet à Kinshasa marque un tournant dans le processus de révision du Code minier. Réunie au siège de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), la Chambre des mines a transformé les inquiétudes exprimées ces derniers mois par les compagnies minières en un travail technique organisé. Pendant trois jours, opérateurs historiques, junior companies et experts juridiques vont passer au crible une proposition de loi qui modifierait plus de 40 articles de la législation actuelle. L’objectif est double : identifier les dispositions jugées problématiques pour la compétitivité du secteur, et élaborer une position commune qui servira de base aux futures négociations avec le gouvernement et le Parlement. Car si la réforme n’est pas encore adoptée, les recommandations du secteur restent attendues et pourraient influencer le texte final. Dans son discours d’ouverture, la présidence de la Chambre des mines a réaffirmé sa ligne directrice : « Nous recherchons un cadre juridique stable, compétitif et prévisible, aussi bien pour les investissements déjà engagés que pour les futurs projets. » Un message adressé tant aux pouvoirs publics qu’aux partenaires internationaux, alors que la RDC conforte sa place de premier producteur africain de cuivre et de cobalt. Parmi les sujets sensibles qui devraient animer les débats figurent le régime fiscal et douanier, les redevances minières, les obligations locales de transformation (réfineries) ainsi que les clauses de stabilité. Les opérateurs craignent qu’une modification trop fréquente du code n’envoie un signal d’insécurité juridique aux investisseurs, à l’heure où le pays cherche à capter davantage de valeur ajoutée sur sa chaîne minière. À l’issue de ces assises, prévues jusqu’au 17 juillet, une synthèse technique sera transmise aux autorités.. Une chose est sûre : la pression est forte pour que cette révision, si elle aboutit, ne sacrifie pas l’équilibre fragile entre souveraineté nationale et attractivité des capitaux.

Lualaba : les « creuseurs » de KCC deviennent légaux, la ZEA 786 ouvre (enfin) ses portes

Fin du statut de fantômes pour 5 000 creuseurs du Lualaba. Direction Kasulo, où la toute première Zone d’Exploitation Artisanale (ZEA) viable du pays a été officiellement bénie, par les autorités. Adieu le site T17, niché illégalement dans le périmètre de la géante Kamoto Copper Company (KCC) , un voisinage trop encombrant pour le géant cuprifère et bonjour la ZEA 786, nouveau sanctuaire du creusage made in RDC. Sur le papier, c’est une petite révolution : 5 000 exploitants sortent de l’ombre, échangent leur statut de « clandestins » contre une carte de membre d’une coopérative, et promettent de ne plus squatter les concessions industrielles. Dans les faits, c’est la concrétisation d’une promesse martelée par le ministre des mines Louis Watum, qui peut enfin cocher une case de sa longue liste de réformes. La cérémonie, présidée par le patron du SAEMAPE, Jean-Paul Kapongo, en présence de la Gouverneure Fifi Masuka, avait des airs de grand messe : autorités, techniciens, représentants des coopératives tout le représentant minier artisanal était là pour marquer le coup. Mais ne boudons pas notre plaisir, une ZEA, c’est d’abord un cadre légal, des règles, et une traçabilité censée faire fuir la contrebande et les trafics en tout genre. Reste à savoir si cette zone pilote ne deviendra pas, comme trop d’autres avant elle, une simple vitrine administrative avant que la réalité du terrain manque d’équipements, pression fiscale, et concurrence sauvage ne vienne gripper la machine. En attendant, les 5 000 chanceux de Kasulo ont désormais un toit (minier) et un statut. Leur seul vrai patron, désormais, c’est la loi. À eux de ne pas la décevoir.