Kisankala : heurts entre militaires et creuseurs artisanaux à Goma

Samedi 11 juillet et ce dimanche matin,le site minier de Kisankala, dans la périphérie de Goma, a été secoué par de violents affrontements entre des éléments des forces de l’ordre et des exploitants artisanaux. Selon des sources locales, les hommes en uniforme auraient fait irruption sur le site pour expulser les creuseurs au profit de l’une des deux sociétés qui se disputent le terrain : LUPEMBA MINING et RMC. Un conflit d’intérêts meurtrier Les deux entreprises revendiqueraient chacune des droits d’exploitation sur cette zone riche en minerais, plongeant les artisans dans une situation inextricable. Ces derniers, qui travaillent le sol pour subvenir à leurs besoins, se sont retrouvés pris au piège d’une guerre d’influence qui les dépasse. Témoins sur place, des creuseurs évoquent une intervention musclée, militaires déployés en nombre, menaces, intimidation. Face à la résistance de certains, les heurts ont dégénéré, semant la panique. Le bilan humain reste à ce jour incertain, mais la colère, elle, est bien réelle. Une actualité qui résonne Ces événements surviennent à peine quelques jours après l’annonce, par le Président Félix Tshisekedi, d’une directive ordonnant le retrait immédiat des militaires et policiers des sites miniers en dehors de leurs missions légales. À Kisankala, cette décision semble encore loin d’être appliquée. Pour les creuseurs artisanaux, c’est une nouvelle désillusion, celle d’un État qui peine à faire respecter ses propres règles, et d’un secteur minier où la loi du plus fort l’emporte trop souvent sur la justice. ✍🏻 Eloge wayii / Goma

Félix Tshisekedi ordonne le retrait immédiat des militaires et policiers des sites miniers

Le chef de l’État a tranché. Vendredi 10 juillet, à l’issue du Conseil des ministres, le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a donné des instructions claires, mettre fin à l’implication illégale des hommes en uniforme dans l’exploitation minière. Une décision forte qui vise à restaurer la crédibilité du secteur extractif congolais, trop longtemps entaché par des pratiques opaques et des abus de pouvoir. Un constat alarmant Depuis des années, la présence de militaires et de policiers sur les sites miniers en dehors de leurs missions légales est dénoncée par les opérateurs économiques, les organisations de la société civile et les partenaires internationaux. Ces hommes en uniforme, censés protéger les populations et garantir l’ordre républicain, sont parfois devenus des acteurs parallèles de la chaîne d’exploitation, semant intimidation et désordre là où la loi devrait seule régner. Face à cette situation, le Président Tshisekedi a choisi de frapper un grand coup. Selon le compte rendu du Conseil des ministres, relayé par le porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya, le chef de l’État a ordonné le retrait immédiat de tout élément des forces de défense et de sécurité présent sur les sites miniers en dehors des missions prévues par la loi. Une mesure radicale, mais nécessaire, pour remettre de l’ordre dans un secteur stratégique qui pèse lourd dans l’économie nationale. Une image ternie et une gouvernance fragilisée Pour le Président de la République, cette ingérence illégale des uniformes dans les affaires minières n’est plus tolérable. Elle nourrit, selon lui, « des perceptions négatives sur la gouvernance de nos ressources naturelles », fragilise les mécanismes de contrôle et ouvre grand la porte aux circuits illicites. Cependant, Patrick Muyaya, citant le chef de l’État, a martelé : « Une telle situation entretient des perceptions négatives sur la gouvernance de nos ressources naturelles, fragilise les mécanismes de contrôle, favorise les circuits illicites et compromet les efforts déployés par le gouvernement en faveur d’une exploitation responsable, transparente et conforme aux standards internationaux. » Autrement dit, ces pratiques ne sont pas seulement illégales, elles sapent les réformes engagées depuis plusieurs années pour faire de la RDC un acteur crédible et fiable de l’industrie extractive mondiale. À l’heure où la traçabilité des minerais et la lutte contre l’exploitation illégale sont au cœur des préoccupations internationales, la RDC ne peut plus se permettre d’apparaître comme un territoire où l’impunité règne. Des conséquences lourdes pour l’économie et la sécurité Le Président Tshisekedi a également alerté sur les répercussions concrètes de cette militarisation illégale. Elle prive les titulaires légitimes de leurs droits miniers, installe un climat d’insécurité permanent sur les sites, et expose les opérateurs, les agents de l’État et les communautés locales à des actes d’intimidation, de tracasserie et d’extorsion. Pire encore, ces pratiques perturbent les chaînes d’approvisionnement et de traçabilité des minerais, alimentant des réseaux de fraude et de contrebande qui échappent à tout contrôle. Des minerais sortent du territoire sans être déclarés, des recettes fiscales s’évaporent, et l’État congolais se prive de ressources précieuses pour son développement. Le chef de l’État a été sans équivoque : « Il est hors de question de laisser de tels agissements préoccupants porter gravement atteinte à l’autorité de l’État, à l’image de notre pays, à la crédibilité des réformes engagées dans le secteur minier, ainsi qu’à la confiance des investisseurs et des partenaires nationaux et internationaux. » Un signal fort pour les investisseurs Au-delà de l’aspect répressif, cette directive présidentielle envoie un message clair aux investisseurs et aux partenaires internationaux, la RDC est déterminée à assainir son secteur minier et à offrir un cadre d’exploitation transparent, sécurisé et conforme aux normes internationales. En ordonnant le retrait des militaires et policiers hors cadre légal, le Président Tshisekedi libère également les services compétents notamment l’Inspection des mines, l’administration fiscale et les services de douane pour qu’ils puissent exercer pleinement leurs missions de contrôle et de régulation. Une manière de recentrer l’autorité de l’État là où elle doit être, dans les institutions et non dans les uniformes. Une étape décisive, mais un chemin encore long Si cette décision est saluée comme un pas important vers une meilleure gouvernance minière, elle devra être accompagnée de mesures concrètes pour être pleinement effective. Retirer les uniformes est une chose ; s’assurer qu’ils ne reviennent pas subrepticement, dans d’autres formes ou sous d’autres prétextes, en est une autre. La RDC, riche de ses ressources naturelles, est à un tournant. Elle doit prouver qu’elle est capable de gérer son sous-sol avec responsabilité, transparence et équité, au bénéfice de son peuple et dans le respect des engagements internationaux. Avec cette nouvelle directive, Félix Tshisekedi pose un acte fort. Reste à transformer cette volonté politique en réalité sur le terrain. Car c’est là, dans les mines de Kilwa, de Kolwezi ou de Kambove, que se joue véritablement l’avenir du Congo minier. ✍🏻 KIDIMBU POP

Mining on Top Africa 2026 : Le CAMI positionne la RDC comme hub stratégique des ressources du futur

La République Démocratique du Congo ne se contente plus d’être un fournisseur passif de matières premières. Elle s’affirme désormais comme un acteur géostratégique majeur, bien décidé à peser sur les équilibres mondiaux des métaux critiques. C’est le message fort porté par M. Popol MABOLIA YENGA, Directeur Général du Cadastre Minier (CAMI), lors de la 9ᵉ édition du Sommet « Mining on Top Africa » (MOTA), qui s’est tenue les 7 et 8 juillet à Paris. Réunissant les décideurs miniers, les financiers internationaux et les technologies de pointe, le MOTA est le baromètre des tendances du sous-sol africain. Cette année, la délégation congolaise y a tenu une place de choix, avec une session de haut niveau dédiée à la vision minière de la RDC, orchestrée autour d’un constat clair, le potentiel congolais dépasse le cobalt et le cuivre pour embrasser une chaîne de valeur intégrée. Une gouvernance minière au service de l’industrialisation Intervenant aux côtés des cadres du ministère des Mines et des agences spécialisées, M. MABOLIA YENGA a détaillé les réformes structurelles engagées par le CAMI. Au cœur des échanges, la transparence du cycle de vie des titres miniers. Face à un parterre d’investisseurs exigeants, le Directeur Général a insisté sur la digitalisation des procédures et la sécurisation juridique des permis, gages de crédibilité pour les partenariats public-privé. « Notre mission ne se limite plus à l’octroi des droits. Nous sommes les gardiens d’un écosystème où chaque carré de terre concédé doit générer une richesse partagée et durable, » a-t-il souligné, en écho aux orientations du Chef de l’État pour une gestion vertueuse du patrimoine national. Valorisation locale et infrastructures : le pari gagnant Les débats ont rapidement basculé vers l’épineuse question de la valorisation locale. Si la RDC possède les gisements les plus stratégiques du monde, leur transformation sur place reste le chaînon manquant. La session a permis de faire un point d’étape sur les projets de zones économiques spéciales et les incitations fiscales visant à attirer les affineurs et les chimistes. Parallèlement, le volet infrastructure a cristallisé l’attention. L’évocation des corridors logistiques (voies ferrées, routes, énergie hydraulique) a rassuré les opérateurs sur la volonté de l’état de résoudre le goulot d’étranglement qui freine l’exportation et alourdit les coûts. Un futur durable face aux défis environnementaux Dans une salle où l’ESG (Environnement, Social, Gouvernance) est devenu le sésame des financements, la délégation congolaise a présenté les avancées du code minier en matière de réhabilitation des sites et de gestion des communautés locales. M. MABOLIA YENGA a réaffirmé que le CAMI joue un rôle de vigie, veillant à ce que l’urgence extractive ne prime pas sur l’équilibre écologique, tout en appelant à une coopération technologique avec les pays du Nord pour un mining plus propre. La RDC s’impose comme la vitrine d’une Afrique qui ose Au-delà des discours, la présence active du Cadastre Minier à ce sommet parisien témoigne d’une diplomatie économique offensive. En confrontant sa vision aux réalités du marché mondial, la RDC ne cherche pas seulement des capitaux ; elle cherche des partenaires capables d’accompagner sa montée en gamme industrielle. Alors que les projecteurs se tournent vers les gisements de l’Est et les projets de lithium dans le Haut-Lomami, le message du CAMI est sans équivoque : la RDC est ouverte aux affaires, mais à ses conditions, avec pour boussole la transparence, la durabilité et la souveraineté. Cette participation marque une étape dans la maturation du secteur minier congolais, qui se prépare désormais à relever le défi de la décennie : être le poumon vert et industriel de la planète. ✍️ KIDIMBU POP

FOMIN et ADEX Platform AG unissent leurs forces pour une filière diamantaire plus transparente

Un pas décisif vient d’être franchi dans la modernisation de la filière diamantaire congolaise. Le Fonds Minier pour les Générations Futures (FOMIN) a signé un accord-cadre avec ADEX Platform AG, une société suisse reconnue pour son expertise dans la traçabilité et la transparence des chaînes d’approvisionnement en diamants et pierres de couleur. Cette convention stratégique vise à renforcer la gouvernance du secteur extractif en RDC, en garantissant une origine certifiée des gemmes et en luttant contre la fraude et le commerce illicite qui minent l’industrie depuis des décennies. Grâce à cette collaboration, la RDC se dote d’outils technologiques de pointe pour assurer une traçabilité irréprochable, du site d’extraction jusqu’aux marchés internationaux. Par ailleurs, ce partenariat s’inscrit pleinement dans la vision du FOMIN, qui place la transparence et le développement durable au cœur de sa mission pour que les richesses minières profitent réellement aux générations actuelles et futures. En définitive, cette alliance entre le fonds congolais et le savoir-faire helvétique pourrait bien redonner ses lettres de noblesse au diamant congolais, tout en renforçant la confiance des investisseurs et des consommateurs dans un secteur clé de l’économie nationale.